Analyste: Jean-Charles
Hoffelé
Résumé ou abrégé:
"Hume, découvert
au disque dans un précédent album par Savall (Naïve
9919), qui récidive pour notre plus grand plaisir, est comme son
nom l'indique un musicien de l'humeur. Ses musiques savoureuses sont
profondément expressives et l'interprétation de Savall, qui se garde
de toute sécheresse musicologique, accentue encore la tristesse de
The Souldiers Song, la sensualité amoureuse (d'un amour de
vieux garçon) de Tobacco, le plus bel hymne qu'un musicien
ait jamais écrit à la gloire du "perlot".
Hume était certainement un esprit fantasque. Sa musique tend souvent
au bizarre, à l'excès. Elle ne cesse d'étonner par l'utilisation
archaïsante de la viole de gambe, dans une technique qui diffère
totalement de celle employée par Marais ou Forqueray en France. Elle
ne lui est pas prétexte à virtuosité, mais plutôt à confession. Ce
disque offre des extraits des Captains Humes poetical Musicke,
strictement instrumentaux et quelques airs de The First Part of
Ayres dévolus aux voix de Figueras et de Hillier. Ce dernier
rend toute leur saveur populaire à ces chants que Hume prit
certainement au petit peuple de Londres et la rondeur de sa voix se
marie idéalement avec le grain de la viole de gambe de Savall (Tobacco,
encore). Et écoutez l'ébouriffante gigue finale, menée grand train
par Savall.
C'est donc toute l'oeuvre de Hume, si étrangère à l'Angleterre
musicale de ce début du siècle, qu'il nous faut découvrir. Que
Savall poursuive son oeuvre !" |