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Goldberg Magazine #
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Harmonia Mundi
HMG501683




Code-barres / Barcode : 3149020933497

 

Analyste / Reviewer : Graham Lock  (English text)

 

Il semble extraordinaire que Dido and Aeneas ait suscité si peu de commentaires du vivant de Purcell. Com­e l'a remarqué Peter Holman, cela est peut‑être lié au fait que Dido (probablement composé pour une représentation courtisane au milieu des années 1680) était une oeuvre intégralement chantée, alors que le goût populaire de l'époque penchait pour le format traditionnel anglais du dialogue parlé avec musique, les « semi-opéras » que Purcell écrirait plus tard. Mais malgré cela, il est incroyable que même les collègues de Purcell, qui connurent sans doute cette oeuvre, ne l'aient, semble‑t‑il, jamais mentionné. Comment a‑t‑on pu oublier si vite le destin de Didon ? 

Le nouvel enregistrement de l'opéra par René Jacobs restera certainement gravé dans les mémoires pendant longtemps. Il s'agit d'une interprétation passionnante, à l'imagination brillante, en partie grâce à une excellente distribution, jalonnée de « stars » (avec des chanteurs remarquables tels que Maria Cristina Kiher et Robin Blaze, incarnant des rôles secondaires), mais grâce aussi à l'excellente direction de Jacobs. Il s'approprie avec goût les extrêmes émotionnels de l'oeuvre et il explore astucieusement son potentiel dramatique. Les scènes surnaturelles (les comiques aussi bien que les scènes de terreur), sont particulièrement bien faites. La Magicienne relativement « conventionnelle » mais terrifiante de Susan Bickley est complétée par le concert de louanges joyeusement malveillant de la première Sorcière de Dominique Visse. Jacobs réussit également un grand effet avec les choeurs énergiques, dont on ne peut douter qu'il s'agit des forces du désordre. Par contraste, Didon, merveilleusement chantée par Lynne Dawson, est une figure humaine et tragique, convaincante dès le début. Son dialogue plein de fureur avec Enée au troisième acte est plein de mordant, puis, après son sublime lamento, le choeur final est d'une grandeur sombre et émouvante.

 

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That Dido and Aeneas excited such little comment in Purcell’s life-time seems extraordinary. The reason may well be, as Peter Holman has argued, that Dido -probably composed for a court performance in the mid‑1680s ‑was all‑sung, whereas popular taste al the time favoured the traditional English spoken‑dialogue‑plus‑music format, the "semi‑operas" that Purcell produced later. Yet it’s remarkable that even those colleagues of Pu­cell who presumably knew the work never seem to mention it. Could Dido’s fate have been so quickly forgotten?

 

René Jacobs’ new recording of the opera will surely linger in the memory for a long time. This is a brilliantly imaginative, gripping performance, thanks partly to an excellent, star‑packed cast (with outstanding singers Iike, Maria Cristina Kiehr and Robin Blaze taking minor roles), but thanks also to Jacobs' well‑paced direction. In particular, he gladly embraces the work's emotional extremes and astutely exploits their dramatic potential. The supernatural scenes are especially well done, both comic and scary. Susan Bickleys relatively "straight" yet chilling Sorceress is complemented by the gleefully malevolent cackling of Dominique Visse’s First Witch, and Jacobs also plays up the Chorus’s lurching rhythms to great effect, leaving you in no doubt that these are the forces of disorder! In contrast, Dido ‑superbly sung by Lynne Dawson‑ is a convincingly human and tragic figure from the outset. Her angry third act exchange with Aeneas has real bite and, following her sublime Lament, the final chorus bas a sombre, moving grandeur.

Graham Lock

 

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