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Diapason # 631 (01/2015)
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Channel Classics
CCSSA36014




Code-barres / Barcode : 0723385360148
(ID459)

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Philippe Ramin

C'est dans un florilège italien du primo seicento que nous découvrions il y a vingt‑cinq ans une jeune violoniste anglaise d'une aisance, d'une sensualité, d'un brio hors pairs. Révélation de l'album « The Winged Lion » du Palladian Ensemble (Linn, Diapason d'or), Rachel Podger a mené la splendide carrière que l'on sait, reçu d'innombrables récompenses pour des enregistrements de Vivaldi, Bach, Mozart, mais elle n'était jamais revenue pour le disque à ce répertoire particulièrement prisé des instrumentistes à cordes. Rien d'étonnant quand on considère le raffinement expressif de l'art ornemental, l'étonnante exploration des positions hautes chez Uccellini, le passage incessant d'une écriture purement instrumentale à un discours éminemment vocal.

La difficulté est d'arriver à construire une représentation sonore cohérente de cet art en mutation permanente par la couleur et la nature du groupe de continuo, de pouvoir s'en libérer ou au contraire de fusionner avec lui. Rachel Podger a choisi de mettre en scène cet univers contrasté avec un groupe réduit à l'essentiel : un théorbe (qui ne donne pas moins de relief à la basse qu'une viole ou un violoncelle) et un orgue alternant avec le clavecin. Une solution élégante, qui réussit pleinement dans la sonate de Marini « personar con due corde »; la rêverie s'appuie sur les digressions des cordes pincées et du sobre contrepoint de l'orgue.

On aurait souhaité qu'une incarnation plus aventureuse s'empare de l'étrange sonate d'Isabella Leonarda, mais le cadre expressif auquel se borne l'ensemble explore davantage le rêve que la surprise. Plus souriantes que sous d'autres doigts, les célèbres sonates de Castello et de Fontana sont aussi plus prévisibles: l'archet moelleux de Rachel Podger leur prête plus de bonhomie que de contrastes, et gomme les étonnantes ruptures de l'écriture.

Cette éloquence agréable et distinguée finit par lasser, d'autant que l'image sonore éloigne sensiblement les instruments derrière le violon.

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