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Classica # 169 (02/2015)
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Analyste: Philippe Venturini

SAVALL, APÔTRE DE VIVALDI ET BACH

 

Comme à l'accoutumée, Jordi Savail et ses musiciens déploient des gestes amples et souples et puisent dans une riche palette de couleurs.

 

Les Magnificat de Vivaldi et de Bach captés en concert en juin 2013 en la Chapelle Royale du château de Versailles et retransmis en direct par la chaîne Mezzo constituent la base de cette publication. Ils se trouvent alors accessibles en audio (SACD hybride) et en vidéo (DVD). S'y ajoute le Concerto de Bach capté à l'abbaye de Fontfroide en juillet 2013 également disponible sur les deux supports. Le CD compte en plus, en ouverture, le Concerto de Vivaldi enregistré au château de Cardona en 2003. Voilà pour le descriptif de cette publication originale.

 

La juxtaposition de « deux des plus grandioses réalisations musicales du cantique de Marie au XVIIIe siècle », comme les définit Jordi Savall, permet d'apprécier le traitement d'un même texte latin. Alors que Vivaldi commence étrangement par un adagio douloureux unisson en sol mineur pour cordes seules, Bach convoque timbales et trompettes en une foisonnante jubilation en ré majeur.

 

Jordi Savall s'applique à différencier les deux oeuvres comme à caractériser chacun de leurs mouvements. Dans le centre expressif et la page la plus écrite du Magnificat de Vivaldi, le « Et Misericordia » en do mineur, il parvient à dégager les lignes chromatiques tourmentées des parties en notes répétées pour mieux marquer l'intensité de la prière mais, aussitôt après, il déchaîne la puissance menaçante et les sauts d'octave de la basse du « Fecit potentiam ».

 

Même commentaire pour le Magnificat de Bach qui, après l'enthousiasme collectif du premier mouvement (moins pétaradant que, Gardiner, Philips, et McCreesh, Archiv), va creuser le texte et son expression (merveilleux duo contre‑ténor/ténor dans le « Et Misericordia » et « Esurientes » de Damien Guillon). Du grand art.

 

  

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