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Diapason # 632 (02/2015)
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RIC353




 Code-barres / Barcode : 5400439003538 (ID508)

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Denis Morrier

Le premier baroque italien, s'il nous laisse une production sacrée abondante, est chiche en requiems. Celui que Monteverdi composait à la mémoire du grand‑duc de Toscane en 1621 semble définitivement perdu.. On tenait la somptueuse Missa pro Deffunctis a otto voci reali de Cavalli pour la seule exception notable jusqu'à cet album du toujours aventureux Leonardo Garcia Alarcon. Le Diapason découverte distingue en vérité l'œuvre de Rubino. Celle de Mario Capuana (un obscur auteur du Val de Noto, en Sicile, qui fit paraître quatre opus de musique liturgique autour de 1650) est plus faible, mais elle vaut le détour pour son curieux mélange d'archaïsme (avec des consonances de quinte sans tierce aux cadences) et de modernité (une esquisse de style concertant opposant des groupes de voix aiguës et graves avec la basse continue). La succession de brèves sections contrastées et imagées peine à trouver son unité malgré l'émotion que l'équipe de Namur et son chef argentin y maintiennent.
Le Requiem publié en 1653 par Rubino (un franciscain, maestro di capella de la cathédrale de Palerme entre 1643 et 1665) est d'une autre aune: plus théâtral, plus équilibré, plus impressionnant (en particulier par l'emploi de vives dissonances), il porte l'empreinte d'un compositeur de grande envergure. Gabriel Garrido, qui fut le maître de Garcia Alarcon, nous avait autrefois révélé ses spectaculaires Vêpres du Stellario de Palerrne, alors confiées à un vaste dispositif à douze choeurs (K617). L’interprétation du Choeur de chambre de Namur est somptueuse : les voix sont magnifiques (en particulier les sopranos, suaves et chaleureuses), les pupitres masculins et féminins homogènes, l'intelligibilité et la justesse toujours parfaites. Le continuo profus vaut pour ses couleurs changeantes et sa réalisation fine et ornée. Enfin, Gabriel Garcia Alarcon dessine le détail expressif du mot
, des dissonances, des figures, des textures polyphoniques au sein d'un tableau ample et généreux, chaleureux et sincère.
Un éblouissement et une vraie redécouverte.                       

                       

 

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