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Classica # 153 (06/2013)
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Code-barres / Barcode: 0028947908418 (ID316)

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Appréciation d'ensemble / Overall evaluation :
Analyste: Roger Tellart
 

La commémoration Gesualdo tourne à l’événement, ce nouvel album préludant à d’autres gravures caractéristiques de la mania qui semble saisir interprètes et aficionados du Prince de Venosa à l’approche du quatrième centenaire de sa disparition. Mais d’abord, un petit rappel historique. Les mots Office des Ténèbres ou « Ténèbres », apparus au XVIIIe siècle, sont évidemment en phase avec l’image de la mort, en écho à la Passion du Christ.

Nigel Short et ses chantres de Tenebrae ont pensé pour cet anniversaire à une double célébration, associant aux Répons de l’Office des Ténèbres pour le Samedi Saint de Gesualdo les Lamentations pour le Samedi Saint, tirées pour leur part de l’Office pour la Semaine Sainte du Castillan Victoria (1548-1611) : deux chefs-d’oeuvre hautement représentatifs de la dévotion Renaissance en fin de parcours. Plus particulièrement, les Répons de l’office des Ténèbres pour le Samedi Saint (complétés par le Miserere de 1611) s’y font l’écho d’une inquiétude fondamentale que Gesualdo le cyclothymique cultiva d’abord pour lui-même. Cependant que dans l’impressionnant contrepoint de Victoria, le zèle rhétorique des intervenants est inattaquable, nonobstant quelques légers écarts de régime dans la conduite du chant. On souhaite un vrai succès à ce disque qui culmine, côté affects, dans le vrillant acte de repentance d’ un Miserere plus contritionnel que nature, grâce aux intuitions prosodiques et dramatiques de Nigel Short, talent à suivre de près au sein de la foisonnante école chorale anglaise. Mais pas au point de faire oublier dans les Répons du Don meurtrier le témoignage, supérieurement formulé, des chantres d’A Sei Voci (Erato) où, toujours chez Erato, la vision des moines de Silos, sans doute l’un des sommets mystiques de Victoria au disque. 

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