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Diapason # 659 (07/2017)
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Harmonia Mundi 
HMM902252




Code-barres / Barcode : 3149020225226(ID602)

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Analyste: Gaëtan Naullau

Une prise de son chatoyante a sa part dans le relief et l’attrait puissants d’un programme en trois temps ‑ au centre, une cantate pour soprano et basse; autour; deux pour soprano solo. Les micros théâtralisent sans trop d'artifice l'éventail des grains sonores du haut en bas de l’orchestre. À la différence des mêmes Freiburger voilés dans l’album Bach de Philippe Jaroussky (cf # 651), on ne perd pas une miette de la contrebasse ni du hautbois (Katharina Arlken, une fois de plus fantastique).

Nous avons toujours applaudi miss Sampson chantant Bach auprès d’Herreweghe et de Suzuki, mais l’avons‑nous jamais entendue si franche dans ses mots, si généreuse dans ses rythmes ? L’absence de chef a parfois ses vertus. L’énergie qui se libère en dialogue présente la BWV 202 sous son vrai jour : une suite de danses exaltées avec voix. Sampson ne se laisse pas désarçonner par les appuis rustiques du violoncelle dans le deuxième air; elle joue du brillant de son timbre pour lui tenir tête.

Les Freiburger sont encore à la fête dans la BWV 152, où Bach entremêle d'abord la flûte à bec, le hautbois et la viole d’amour dans un « concerto ». L’aigu de la soprano est‑il contaminé par quelques touches trop pointues dans l'air central et le duo ? La phrase ne s’en trouve pas raidie, c’est l’essentiel. Et Andreas Wolf est un partenaire aussi charismatique.

Un interprète a‑t‑il, comme nous autres, les défauts de ses qualités ? C'est précisément ce qui se joue dans la BWV 199, où le geste très actif des Freiburger et de Sampson ne fait plus l’affaire. Le premier air ne manque pas d’expression mais de vision, d’unité (de chef ?). Ses phrases étirées et tordues nous remuent l’estomac quand Barbara Bonney y coule une fragilité têtue (avec Harnoncourt, Warner), et quand la jeune Kozena suspend les « soupirs muets » sur les instruments de Gardiner (SDG et filmé YouTube). Enfin, l’accompagnement assez poussif et décousu du deuxième air, qui sent franchement le studio, n’aide pas Sampson à se laisser porter par sa ferveur hymnique.

Diapason d'or pour un triptyque en montagnes russes ? L’hésitation s’évanouit quand le disque repart, avec les nappes de cordes, la tenue magique de hautbois, et cet alliage de trouble et de majesté que Sampson et sa bande ont saisi au plus haut degré.   

                                                
Entrevue - par Benoît Fauchet

Diapason # 660- Septembre 2017

 

« J'ai attendu quinze ans pour enregistrer avec le Freiburger Baroçkorchester. Nous nous sommes rencontrés en 2001 autour d'une Passion selon saint Jean dirigée par Gustav Leonhardt, avant de travailler ensemble régulièrement.

Nous avons appris à bien nous connaître, tous nos concerts ont été des expériences musicales enrichissantes, que ce soit Handel, Purcell, Mozart, Bach. Nous sommes devenus amis ‑ je me sens membre de la « famille FBO » ! L'idée d'enregistrer des cantates m'a ravie, mon choix s'étant porté sur les BWV 202 et 199, essentielles dans le répertoire pour soprano, que je n'avais pas eu l'occasion de graver avant. La BWV 152 a été retenue en raison de son instrumentation inhabituelle, magnifique. Par chance, le merveilleux Andreas Wolf a pu nous rejoindre, et ce dialogue entre l'âme et Jésus constitue une transition puissante entre le monde profane de la Cantate du mariage (BWV202) à la pénitence de Mein Herze schwimmt im Blut (BWV 199). Une véritable aventure de musique de chambre, une collaboration entre artistes investis pour offrir l'interprétation la plus sincère. C'est, je l'espère, ce que les auditeurs entendront. »

Carolyn Sampson


 


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