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Diapason # 660 (09/2017)
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Code-barres / Barcode : 0827949067860(ID612)

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Analyste: Luca Dupont‑Spirio

Farinelli, Nicolini et Gizzi au San Giovanni Grisostomo ; Faustina Bordoni, Senesino et Annibali au San Cassiano: telles étaient les affiches des théâtres vénitiens pendant le carnaval de 1729, de fin décembre à fin février. Un peu comme si aujourd'hui, Paris ou Berlin accueillaient au même moment Bartoli, Netrebko, Kozena, Kaufmann, Florez et Hampson. Ann Hallenberg, qui publiait récemment un récital farinellien aux côtés de Christophe Rousset (cf. no 653), se glisse ici dans la peau de plusieurs divos et divas, explorant les principales créations de cette saison heureuse.

A cet égard, ce double album agence astucieusement les extraits. Sur le premier CD, les titres programmés au San Cassiano: Gianguir de Géminiano Giacomelli (1692‑1740) et Adelaide de Giuseppe Maria Orlandini (1676‑1760). Sur le second, ceux présentés au San Moisè ‑ Filandro d'Albinoni ‑ et au San Giovanni Grisostomo ‑ Semiramide riconosciuta de Porpora, Catone in Utica de Leo et un air de Vinci pour le pasticcio collectif L’abbandono di Armida. Toutes les plages sauf une sont annoncées comme des premières au disque, et la sélection est excellente. Parmi les airs de cantabile, on retient surtout les hypnotiques « Quanto bello agl’occhi miei » d'Orlandini, « Bel piacer saria d'un core » de Porpora et « Ombra cara» de Leo; parmi les morceaux de bravoure, l'insolent « In braccio a mille furie » (Porpora encore, pour Farinelli).

Hallenberg se montre fidèle aux qualités qui lui permettent d'affronter ce répertoire: technique agile, tessiture large, émission ample au soutien assuré. Une voix que l'émotion colore peu, mais qui sait flatter l'oreille par quelques artifices sobres, caressant par exemple les mots « amorosa » et « caro » dans « Mi par sentir la bella » (Giacomelli). Le délié des vocalises offre une forme de sensualité, comme la gestion du souffle dans les pages langoureuses, et la virtuosité donne quelque malice aux traits flamboyants (« Scherza in mar la navicella » d'Orlandini). L'orchestre du Pomo d'Oro (quatre par pupitre dans les violons) est à l'aise dans ces climats tempérés, qui ne mettent pas en péril son impeccable cohésion. Le coeur voudrait chavirer un peu plus, mais trouve sa nourriture dans ces pages superbes, magistralement défendues.

 


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