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Diapason # 617 (10/2013)
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Glossa
GCD921515



Code-barres / Barcode : 8424562215153 (ID353)

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Appréciation d'ensemble:
Analyste:  Ivan A. Alexandre
 

Post-scriptum à l’intégrale des cantates « avec instruments » de  Handel, réalisée par La Risonanza chez le même éditeur entre 2005 et 2009. A peu près inconnue jusqu’à son exhumation par le London Baroque en 1986, la sérénade napolitaine Aci, Galatea e Polifemo, contemporaine du Trionfo, de La resurrecione et d’Agrippina, s’est depuis lors imposée à l’égal de ses voisins. L’ouvrage n’en reste pas moins singulier (nymphe alto, berger soprano : stéréotype à Rome ou à Naples, bizarrerie chez le vaillant Saxon) et périlleux. Il y faut des voix multicolores capables d’éviter le sentiment de « déjà ouï » en renouvelant le portrait à chaque air, et d’une technique magistrale aussi bien dans la vocalise que dans la « couverture » (deux octaves et demie du la aigu au ré grave en un seul saut pour le géant Polyphème).

Question vocalise, rien à craindre : nos trois experts cabriolent en parfaits gymnastes, aucun dédale ne les égare, aucun obstacle ne les arrête, bravi tutti. Question registre, c’est une autre affaire. Mezzo insolent mais délicat (et enjôleur, « Se m’ami, oh caro » coule comme le miel), Blandine Staskiewicz ferait un merveilleux Acis ; le contralto de Galatée l’emprisonne dans une teinte unique et pâle. Le baryton argentin Lisandro Abadie possède le style et l’aisance qu’exige sa redoutable partition, mais du Cyclope amoureux lui échappent encore la puissance et les notes extrêmes. Roberta Invernizzi a certes toutes les notes d’Acis, mais la fraîcheur s’en est allée quand le vibrato s’est imposé. Peu de caractère, peu de personnages, lacune sensible dans une oeuvre où l’intrigue tient si peu de place.

Depuis le premier volume des cantates, La Risonanza a conquis le soyeux, l’assise, le naturel. De ce côté, rien que du plaisir, d’autant que Fabio Bonizzoni devine le pouls et l’équilibre de chaque numéro. Encore un rien d’attention aux enchaînements (quelques points de montage trahissent le studio), aux passions, au théâtre, et Handel aura gagné un champion en plus d’un serviteur dévoué.

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