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Diapason # 641 (12/2015)
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Muso
MU009




Code-barres / Barcode : 5425019973094

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Ivan A. Alexandre

1721: Orphée perd Eurydice pour la retrouver. 1710 : Ariane perd Thésée pour trouver Bacchus (Ne livrez pas vos yeux aux larmes, / Qu'ils vous prêtent plutôt des armes » : chez Strauss et Hofmannsthal, ce sera la morale de... Zerbinette). Entre ces cantates, la voix pleure l'« Ombre de mon amant », air de cour déchirant de Michel Lambert, et les instruments s'émancipent dans deux trésors de la chambre versaillaise, une Sonate en ré mineur d'Elisabeth Jacquet de La Guerre (1707) puis la Chaconne en ut de Marin Marais (1692). Programme complet, magnifique. Pas une mesure de remplissage. Et confirmation d'Hasnaa Bennani, remarquée en Corisande d'Amadis avec les Talens Lyriques, qu'il nous tarde de voir tenir des emplois à sa mesure ‑ une Créuse, une Aricie... Manque toujours à ce satin la force (« Que du bruit de tes hauts exploits »), la rage («  Dieu des mers, servez mon courroux »), l'éclat de voyelles et l'appui de consonne presque toutes éludées. Le chant se substitue à la déclamation. La soprano marocaine sait pourtant son Rameau, le phrase exquisément, l'orne à la perfection, le colore de telle manière qu'il se trouvera peu d'oreilles pou y résister. Une sirène.

 

Depuis l'essai hasardeux de Colette Herzog en 1978 (Erato), Orphée n'a pas guère quitté le catalogue, tandis qu'il a fallu attendre 2004 et Les Déesses outragées d’Agnès Mellon (Alpha) pour découvrir la superbe Ariane de Philippe Courbois. Dan tous les cas, les voici ensemble pour la première fois. Rencontre favorisée par la jeune et toujours Stravaganza. Quelques pages de vélocité comme le prélude « fort vite » d'Ariane, trouvent le violon de Domitille Gilon un peu craintif et pincé, mais la sonate de La Guerre a le galbe et la faconde d'un opéra instrumental (cette Aria en est une !), et la chaconne de Marais s'exprime en toute spontanéité. Âmes sensibles, le florilège est pour vous.

 

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