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Diapason # 666 (03/2018)
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Ricercar
RIC385



Code-barres / Barcode : 5400439003859 (ID633)

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Denis Morrier
 

En 1994, avec leurs « Motetti e cantade a voce sola » (L’Empreinte Digitale), Maria Cristina Kiehr et Jean‑Marc Aymes ressuscitaient une figure oubliée ‑ et particulièrement attachante ‑ du baroque naissant: Giovanni Felice Sances. Ce musicien d'origine romaine a débuté sa carrière à Padoue et à Venise, avant de trouver la consécration à Vienne en 1649, comme maître de la chapelle impériale. Abondante et variée, sa production reste en grande partie inédite: elle comprend, outre six opéras (trois sont perdus) et autant d'oratorios, des messes, des motets et quantité de cantates profanes. Fin 2010, Nicolas Achten et ses Scherzi Musicali reprenaient le flambeau du Concerto Soave en proposant un bouquet de motets (« Dulcis Amor Jesu », Ricercare), que prolonge aujourd'hui un florilège profane. Cette sélection de Cantade illustre les diverses tendances stylistiques du Seicento. Si certaines sont encore des monodies accompagnées à l'ornementation précieuse et raffinée, héritée des auteurs florentins (en particulier de Caccini, autre compositeur d'élection des Scherzi Musicali), la plupart revêtent une expressivité inspirée de l'école d’opéra vénitienne, donc de Monteverdi et Cavalli.

On y découvre L’infortunio d'Angelica, une troublante cantate in stile rappresentativo : Angélique et Roger, héros de l’Arioste, dialoguent autour de la narration d'un Testo, comme le faisaient Tancrède et Clorinde dans le Combattimento montéverdien, sur les vers du Tasse. Nicolas Achten se distingue une nouvelle fois par son talent caméléon de multi‑instrumentiste (harpe, chitarrone et clavecin) et de baryton. Il s'est entouré d'un opulent ensemble de continuistes, avec violes, lirone, chitarone, luth, archiluth, guitare et claviers divers. L’accompagnement de ces miniatures dramatiques se voit empli de colorations variées, contrastées et toujours bienvenues.

L’exécution vocale est très soignée, en particulier grâce aux interventions pleines d'âme et de sentiment du ténor Reinoud Van Mechelen, et aux sopranos radieux et chaleureux de Hanna AI‑Bender et Déborah Cachet. Ne manquez pas, dans les compléments de programme, un surprenant bijou de poésie sonore: la Sonata sopra l'aria di Ruggiero de Salomone Rossi, originellement pour cordes et continuo, ici interprétée par l'ensemble des cordes pincées, créant une atmosphère céleste et lumineuse. Une magnifique réalisation qui comble les sens, la curiosité et l'esprit.

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