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Diapason # 668 (05/2018)
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Audax
ADX13710



Code-barres / Barcode : 3770004137107

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Philippe Ramin

En 1738, Mondonville fait merveille avec ses sonates pour clavier « avec accompagnement de violon », joyau d’un genre nouveau (l’appellation sera toujours en usage au temps du jeune Beethoven !). Johannes Pramsohler et Philippe Grisvard auraient pu s’en tenir à ce cahier, mais ils ont bien fait de pister ses fruits chez Duphly et Balbastre, deux clavecinistes, et chez un des plus ingénieux violonistes de l'époque, ce diable de Guilleimain (qui possédait « une main pétillante, il n'y a point de difficultés qui puissent l'arrêter », assure Daquin). L’entreprenant Corrette, soucieux de servir tous les effectifs possibles, est aussi au rendez‑vous. Il s'agissait donc de mettre en scène un dialogue où le clavecin, qui ne se contente plus de réaliser la basse chiffrée, a une importance égale au violon. Philippe Grisvard a préparé un choix de sonates très représentatif des caractères de ce genre en usage, délicatesse versaillaise pour Duphly, brio chez Guillemain. Plusieurs sonates sont inédites (Marchand, Clément, Guillemain), et le mélomane curieux s'amusera à comparer la sixième sonate de Guillemain avec sa version en quatuor par Musica Antiqua Köln en 1981 (« Conversation galante », Archiv). Le violoniste joue d'ailleurs le Rogeri ayant appartenu à Reinhard Goebel. Et Philippe Grisvard (récemment salué par un Cinq Diapason pour un album Handel) touche un modèle allemand réalisé par Philippe Humeau, à la fois délicat et dense.

L’équilibre sonore, soigneusement ajusté dans ces textures changeantes, témoigne d’un admirable travail de chambristes. La virtuosité assumée fait autant briller l'audace d’un Presto échevelé (Guillemain) que l'intensité résolue du très italien Larghetto de Mondonville. Pramsohler partage avec Goebel cette conscience aiguë d'une narration libérée des clichés, attentive à la vocalité et (quel confort !) d'une justesse d’intonation infaillible... Écoutez ce fier Carillon du Parnasse (Marchand), cette Madin (Duphly) bondissante et effrontée, cette douce ariette de Clément totalement dépourvue de maniérisme... L’éventail des caractères est un bonheur à lui seul. Mais la réussite de ce double album repose tout autant sur son partenaire exceptionnel, Philippe Grisvard fait valoir une main de fer dans un gant de velours, l'idée musicale jaillit sans effort d'une technique extrêmement fluide et précise. Avec eux, la séduction sonore n'est pas une fin en soi (défaut fréquent chez les interprètes de ce baroque français tardif) mais un atout supplémentaire du discours. Alors ces sonates oubliées, qui brillaient dans les salons parisiens quand Rameau régnait sur les théâtres, regagnent leurs lettres de noblesse.


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