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Diapason # 672 (10 /2018)
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Alpha
ALPHA399




Code-barres / Barcode : 8424562218093

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Analyste: Philippe Ramin
 

Depuis son premier disque («La Famille Forqueray », cf. n° 651), Justin Taylor a développé son activité de chambriste tout en se tournant vers le pianoforte. Ce programme Scarlatti révèle, trois ans après sa victoire au concours de Bruges, un clavecin plus audacieux et plus mûr. Trois irruptions de Ligeti viennent enrichir le parcours : notes répétées et acciacatures chez l'Italien, diminutions virtuoses de la Passacaille hongroise et nappes harmoniques du Continuum. Il y a là matière à une confrontation passionnante quand la réalisation atteint un niveau exceptionnel de maîtrise instrumentale - et c'est bien le cas ici.

Nous retrouvons le fabuleux modèle français (Anthony Sidey d'après Hemsch) que Justin Taylor jouait déjà pour son album Forqueray, et qu'il semble connaître comme sa poche. Les chromatismes ambigus de la Sonate K 18, les célèbres notes répétées de la K 141 et les accords outrageusement dissonants de K 175 sonnent avec une tension impressionnante sous les doigts du jeune homme. Admirablement connecté à la corde pincée, le toucher de Taylor déclame avec autant de persuasion dans la belle lenteur (K481) que dans l'implacable ostinato (K 519). Nulle crispation ne vient troubler un discours conduit sans temps faible, et d'une grande profondeur.

Le Rock hongrois développe ses accents déplacés avec une férocité magnifique, un sens félin de la dynamique de l'instrument. La version du Continuum gravée en 1968 par Antoinette Vischer (dédicataire de l'oeuvre) reste un sommet difficilement surpassable (on soupçonne depuis toujours que la vitesse de l'enregistrement a été accélérée). L,effervescence liquide des guirlandes de croches, la rapidité quasi inhumaine des ultimes notes répétées et le timbre presque électronique du clavecin moderne sont la marque de fabrique de cette musique des sphères... tendance spoutnik. Taylor modifie nettement le profil de cet objet sonore unique en le posant sur un instrument totalement différent de celui que Ligeti connaissait: le résultat est à certains égards moins entêtant (l'invraisemblable pépiement de Ligeti gagne, avec les résonances qu'il libère sur la table harmonique du Sidey, une allure plus harmonieuse), mais aussi captivant. Un album ambitieux et abouti.


 

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