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Diapason # 672 (10 /2018)
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Harmonia Mundi
HMM90237576



 

Appréciation d'ensemble:

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Analyste: Philippe Ramin
 

Projet d'envergure étalé sur plusieurs années, la nouvelle intégrale des quatre livres pour clavecin de François Couperin s'articulera autour de différentes thématiques qui primeront sur le parcours chronologique respecté par la plupart de ses rivaux (désormais nombreux: Ross, Gilbert, Verlet, Spieth, Rousset, Baumont, Borgstécle, en attendant Carole Cerasi cet automne). La première livraison se place sous l'emblème du théâtre, et invite la violiste Isabelle Saint‑Yves dans La Couperinète, musette d'une grâce infinie qui évoque quelque scène champêtre de Watteau. Accueillir des musiciens amis, pour des incursions vers les oeuvres vocales et chambristes, doit être une autre originalité de cette aventure.

Bertrand Cuiller tente ainsi de diversifier l'image d'un compositeur scrupuleux, orfèvre de la musique selon les termes de l'interprète, et sans pareil en son temps pour jouer parallèlement sur l'intime et le grand. Le théâtre et, a fortiori, l'opéra s'invitent sous forme d'allusions dans ses pièces pour clavecin, de manière moins directe que le Concert dans le goût théâtral des Goûts réunis. Du premier au quatrième Livre, ils donnent leur sel à La Marche des Gris‑vétus, au triptyque des Pélerines (dont il existe une version vocale), aux Fastes de la grande et ancienne Ménestrandise, aux Calotins ou aux Chinois, saynètes piquantes où excelle l'invention descriptive de Couperin, et où son humour n'est jamais sourd à la mélancolie.

Sa diversité de « touche », comme on le dirait d'un peintre, trouve ici un traducteur aussi à l'aise dans là virtuosité teintée d'esprit (« Désordre et déroute de toute la troupe » dans la Ménestrandise, L'Etincelante) que dans la confidence la plus touchante, notamment les graves inquiétudes de La Ténébreuse et de La Lugubre. Exempt de clichés comme de maniérismes, le discours rend compte d'une mélancolie sous‑jacente que seuls quelques interprètes élus parviennent à suggérer.

Dans le Réveil‑matin, le réjouissant va‑et‑vient entre la décontraction rêveuse et les assauts excités est mis en perspective avec beaucoup de tact. L’ornementation de la vive Espagnolète se fond dans une matière sonore ample, et qui ne pèse jamais sous les doigts de Cuiller. Toujours admirable, son toucher sert la flexibilité du phrasé, et creuse le timbre exceptionnel de la copie de Philippe Humeau déjà entendue dans l'intégrale Rameau de Cuiller (cf. no 634).

 

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