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Diapason # 675 (01 /2019)
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Challenge Classics
CC72759



Code-barres / Barcode : 608917275926

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Analyste: Jean-Luc Macia

Treize minutes de surprise et de bonheur suffisent à justifier l'achat de ce SACD. Mais il faut attendre la dernière plage pour découvrir ce Venite gentes, extrait des Sacri Concentus publiés en 1681 par celui qui allait bientôt devenir Kapellmeister de la cour de Munich. Un soprano de vingt-trois ans, Alois Mühlbacher, offre à cette page virtuose une voix lumineuse, charnue, dont la clarté rappelle Jaroussky à ses débuts. Et quelle technique ! On comprend que Gunar Letzbor soit subjugué par cet ancien membre des Sängerknaben de Saint-Florian (abbaye chère à Bruckner) qu'il qualifie de « phénomène ». La fraîcheur des aigus, la netteté des attaques et la rondeur du timbre rendent cette voix magique.

Cinq psaumes au total, tous conçus pour une voix soliste et un petit ensemble dont se dégage régulièrement un violon volubile. Letzbor remplit admirablement ce rôle qui rattache Rupert Ignaz Mayr à l'école de Schmelzer et Biber. Des quatre autres chanteurs solistes, la basse Gerd Kenda est le plus convaincant : voix impressionnante de profondeur, aisance technique et bonne implication dans son dialogue avec l'archet de Letzbor. Attention, contrairement à ce qu'indique la notice, le Nisi Dominus qu'il interprète est en plage 2 tandis que le Confitebor (plage 4) revient à un ténor au timbre un peu lourd mais efficace dans les affects et les ornements. Le soprano garçon qui ouvre le disque pâtit d'une émission plus étriquée et peine dans les vocalises. Un alto stylé complète le plateau qui, tout compte fait, sert bien la musique efficace et contrastée de Mayr, d'une couleur très italienne telle qu'on l'appréciait alors à Vienne et Salzbourg. Chaque psaume enchaîne rapidement de brèves cellules mélodiques et rythmiques avec des récitatifs, des ariosos, des arias succinctes et des conclusions enjouées. Le voisinage des volutes du violon et du chant est pour beaucoup dans le plaisir que procurent ces cinq psaumes à la spiritualité extravertie. Seul le Confitebor doublonne avec le florilège consacré en 2006 à Mayr par ORF. On y entendait entre autres un mini-oratorio qui donnait une image plus théâtrale de Mayr. Mais le disque de Letzbor suffira à prendre la mesure d'un talent à tort dédaigné par le disque. Et la prestation d'Alois Mühlbacher devrait vous combler.


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