Texte paru dans: / Appeared in:
*


Classica # 221 (04 / 2020)
Pour s'abonner / Subscription information


Alpha
Alpha596




Code-barres / Barcode : 3760014195969

Appréciation d'ensemble:

Outil de traduction (Très approximatif)
Translator tool (Very approximate)
 

Analyste:  Jérémie Bigorie
 

L’ART DE L’ARCHET 

La violoniste Chouchane Siranossian s'attaque aux concertos de Tartini parmi les plus virtuoses de la période baroque et vise juste! 

« Il n'était pas seulement considéré comme l'ornement le plus éminent de la ville de Padoue, mais comme un philosophe, un saint, un sage » : ces quelques mots de Charles Burney disent bien le prestige dont jouissait en son temps Giuseppe Tartini, le compositeur de la Sonate « Le trille du Diable » à laquelle on réduit trop souvent son catalogue crédité pourtant de quelque cent trente concertos pour violon. L’entreprise salutaire du label Dynamic de les enregistrer tous (29 CD) fut vite prise de court tant les inédits jaillissent régulièrement des bibliothèques -la musicologue Margherita Canale, également signataire de l'excellente notice, a reconstitué le Concerto en sol majeur proposé en première mondiale.

Les cinq concertos ici sélectionnés vont encore plus loin dans la richesse d'inspiration mélodique. La violoniste se lance dans l'aventure avec fraîcheur et force de conviction qu’agrémente un brin de démesure fantasque. Et quel sens des contrastes dès le Concerto D. 56! Au sotto voce de l’Adagio s'opposent les cascades virtuoses dans les positions les plus acrobatiques de l'Allegro final. Guidée par les vers malicieusement disséminés entre les portées par Tartini (une expression, un vers de Métastase ou une réplique extraite d’un livret d'opéra), Chouchane Siranossian déploie un chant d'une gravité profonde que modulent les pleins et les déliés et sait « cacher l'art par l'art même » (Rameau) en ce sens que les prouesses techniques sont réalisées sans ostentation. Cette musique fourmille de formules auxquelles les ritournelles introductives impriment d'emblée un dessin au contour net et nerveux: c'est là qu’entre en scène l'art d'Andrea Marcon à la tête de son Orchestre baroque de Venise, attaché à croquer telle danse paysanne (finale du Concerto en sol majeur) et à phraser avec humour les notes répétées (Concerto D. 45) quand il n'affranchit pas son clavecin de la basse continue pour dialoguer avec la soliste lors des cadences, offrant au mélomane comblé le plus langoureux des vertiges musicaux.


Sélectionnez votre pays et votre devise en accédant au site de
Presto Classical
(Bouton en haut à droite)

Pour acheter l'album
ou le télécharger


To purchase the CD
or to download

Choose your country and curency
when reaching
Presto Classical
(Upper right corner of the page)

   

Cliquez l'un ou l'autre bouton pour découvrir bien d'autres critiques de CD
 Click either button for many other reviews