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Diapason # 715 (10/2022)
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Château de Versailles
CVS059





Code barres / Barcode : 3770011431670


 

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Analyste: Jean-Christophe Pucek

 

Contrition, apparat, solennité : tel est le triptyque que proposent Les Epopées dans le deuxième volume de leur intégrale des grands motets de Lully. On retrouvera ici les mêmes partis pris que dans le précédent (cf. no 700 ), à commencer par une ornementation foisonnante. Le Miserere, dont la première exécution connue (1663) se rattache au temps de Pâques, résonna aussi lors de services funèbres. La volonté d'impressionner s'y traduit, dans l'interprétation des Epopées, par une force presque écrasante qui n'exclut ni les fulgurances (« Tibi soli peccavi », « Docebo »), ni le recueillement (« Sacrificium Deo »).

 

Dans Quare fremuerunt, joué à Ténèbres en 1685, la scansion martiale du premier verset déstabilise çà et là certains pupitres, et les contrastes appuyés de « Et nunc reges » n'échappent pas toujours à un certain systématisme. Composé à l'occasion des célébrations parisiennes du mariage de Louis XIV (1660), Jubilate Deo y a gagné son surnom de « motet de la paix ». Le mélange singulier de noblesse, qui s'impose dès la Symphonie, et d'allégresse maîtrisée est ici rendu avec une justesse indiscutable ; on goûte les instants extatiques de « Reges terrae », la présence quasi opératique de « Taliter ».

 

Très personnelle et originale, la vision est là, défendue avec conviction. Comme le disque d'Olivier Schneebeli au programme identique (K617, 2004), celui de Stéphane Fuget pâtit de solistes inégaux, d'un chœur et d'un orchestre pas toujours homogènes, mais le chef et ses troupes ont le mérite de questionner, parfois sans ménagement, nos habitudes d'écoute.



 
   

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