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Diapason # 715 (10/2022)
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Analyste: Jean-Philippe Grosperrin
 

Un Retour d'Ulysse inattendu, datant de 1722.

 

Circé attend le héros à Ithaque, résolue à l'arracher à Pénélope : ce scénario curieux se calque sur l'Ulysse (1703) de Jean-Féry Rebel que révéla Hugo Reyne (2007, cf. no 554) puisqu'à Hambourg on puisait volontiers dans les livrets français. Mais c'est à Copenhague, pour le remariage de Frédéric IV (le Temps et le Chœur célèbrent le couple royal en épilogue), que fut créé cet Ulysses de Keiser, malgré la défection de la soprano Margaretha Kayser à qui étaient destinés les nombreux airs de Pénélope - la remplaçante leur substitua en partie des airs en italien (deux sont d'Orlandini), le présent enregistrement propose l'original et l'ersatz (bravo !).

Une fois encore, on est confondu par l'invention si mobile du génial Keiser, stimulée par la syntaxe rapide de cette esthétique de l'opéra allemand, émancipée du faste français : divertissements et danses réduits, piment double d'Urilas (prétendant de demi-caractère) et du rôle comique d'Arpax (l'interprète est épatant). À l'éventail superbe, essentiellement lyrique, de Pénélope (il n'y a que du bien à dire de Bogna Bernagiewicz) s'oppose le relief d'une Circé insidieuse et véhémente, ici confiée à un contre-ténor. Ce choix baroque, si l'on peut dire, est pourtant payant, tant Gerald Thompson s'y montre d'une étrangeté androgyne qui ne sacrifie ni l'éclat ni un mordant décisif. Au second plan, le soprano de Francisca Pudencio contraste par son charme délié.

La distribution masculine est moins heureuse. Un Ulysse terne de timbre et de ligne, mais vif pour le verbe, s'incline devant son compagnon ténor, l'expert Markus Brutscher dans le rôle non moins beau d'Euryloque. On oubliera Urilas, comme le fait Pénélope. Ces menues faiblesses sont largement compensées par la réalisation d'Antonius Adamske à la tête de son ensemble de Göttingen : un régal, jusque dans un continuo toujours adapté aux caractères. Séduction et équilibre des timbres (de même pour le chœur), respiration constante, sens plastique ami de la précision rythmique, esprit de la danse, esprit tout court : Keiser lui dit merci, et nous aussi.

 

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