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Diapason # 717(12/2022)
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DG 4862977



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Analyste: Denis Morrier

 

Dans ses Psalmen Davids de 1619, inspirés des pratiques vénitiennes de Gabrieli, Schütz rappelait que ses riches polyphonies devaient être partagées, pour « accroître leur splendeur », entre favoriti et capellae. Cette pratique, laissant aux interprètes la libre répartition des voix entre solistes, chœurs opulents et instrumentistes variés a dominé les interprétations montéverdiennes jusque dans les années 1970 (cf. Corboz). Andrea Marcon, tout en renouant avec l'ancienne tradition, produit aujourd'hui une reconstitution liturgique aussi ingénieuse qu'innovante.

 

Ces « Vêpres de Noël » dans le goût de San Marco sont les troisièmes du genre après celles de Stevens (1979, Nonesuch) et Van Nevel (2003, Etcetera). La nouvelle version puise elle aussi dans la monumentale Selva morale de 1640-1641. Sauf que les antiennes grégoriennes précédant les psaumes sont ici remplacées par des Intonatione d'orgue de Giovanni Gabrieli. Elles permettent de goûter les sonorités somptueuses de l'instrument de Santa Catarina à Trévise, aux vingt-trois jeux très typés. Dans les pièces vocales, sa registration variée souligne les colorations savoureuses apportées par les seize instrumentistes (Eva Saladin et Claudio Rado aux violons, Frithjof Smith et Gebhard David aux cornets) et les vingt-quatre chanteurs. L'opulence sonore fédérée par l'orgue règne autant dans les vastes psaumes choraux concertants que dans les concerti sacri. Ceux-ci tiennent lieu de reprises d'antiennes (comme dans le Vespro de 1610), où s'illustrent Alice Borciani avec Francesca Cassinari (radieux Venite sitientes ) et Carlos Mena (suave Hodie Christus natus est ). Si le contre-ténor éblouit par la précision de son ornementation, les redoutables passaggi du Lau-date pueri secondo mettent les deux ténors à la peine.

 

Dans le célèbre Confitebor « alla francese », la soprano solo est opposée, non aux quatre parties de cordes ou aux quatre chanteurs habituels, mais à une masse chorale impressionnante, tandis que l'orgue s'adonne à de réjouissantes diminutions. L'effet de contraste est prodigieux ! Le Beatus vir primo est non moins somptueusement paré, avec quintette de soliste, imposante cappella et riche instrumentation (cornets, trombones et ensemble à cordes). Cette délicieuse parodie du balletto « Chiome d'oro » prend alors une dimension monumentale, tout comme le rutilant Magnificat primo de 1641 (dont le Fecit potentiam fait éclater les accents guerriers du stile concitato ) et l'imposant Cantate Domino a 6 conclusif. Une majesté sonore conforme à la mythique grandeur des offices de San Marco.

 

 



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