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(08/2010) 



Mirare
MIR105

 

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Analyste: Benjamin Ballifh

 

Entrain et vitalité d'origine corellienne, surtout recherche médiane entre les styles italien et français, Jacquet comme Couperin, demeure inspirée par l'élégance et la mesure. Les solistes de La Rêveuse ne font qu'exprimer l'éloquente poésie de pages raffinées, taillées pour Versailles: ils savent aussi varier et colorer chaque tableau successif en autant de climats qui portent soit au rêve soit à la danse.

 

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 La Rêveuse ne se laisse pas bercer...  sans nerf, tension, délectable expressivité qui font de l'écoute de ce disque convaincant, un superbe témoignage en faveur de celle qui rare compositrice à son époque, fut remarquée et même saluée par Louis XIV (auditeur satisfait de ses Sonates de 1707 jouées à la Cour au Petit Couvert à Versailles). Du tempérament mais aussi de l'originalité, Elisabeth Jacquet de la Guerre n'en manque pas; ce avec d'autant plus d'esprit et d'à propos dans un milieu et à une époque... dominés par les hommes. On lui doit même le premier opéra composé par une femme musicienne présenté à l'Académie Royale en 1693, Céphale et Procris, plutôt tièdement reçu... et donc oublié sine die.

 

Elisabeth s'impose ici comme pionnière et visionnaire, créatrice de la forme Sonate avec Couperin, Rebel, Brossard, à la fin du XVIIè: en témoignent entre autres, les 2 Sonates pour violon et basse en la mineur.

Entrain et vitalité d'origine corellienne, surtout recherche médiane entre les styles italien et français, Jacquet comme Couperin, demeure inspirée par l'élégance et la mesure. On y goûte l'air à succès Les Sylvains (transcrit pour théorbe), de son cousin Couperin que joua probablement Robert de Visée, théorbiste favori de Louis XIV...  C'est donc dans ce recueil, un miroir éloquent du goût versaillais à la fin du siècle qui se dévoile sans apprêt mais avec une profonde poésie. Fugues vivaces et ouvertures nerveuses, plutôt italiennes; mais aussi nostalgie solistisante du violon, ou de la viole obligée, plénitude des airs, surtout admirables mouvements des danses (gigue, sarabande, gavotte qui sont de leur côté, spécifiquement français).

Dans la Sonata IV en sol majeur, les interprètes savent rappeler sans appui tout ce que l'ouverture doit au modèle lullyste (lent vif lent, ici:  grave, presto, adagio): dialogues concertants et fluides des voix mêlées, les solistes de l'ensemble fondé par Benjamin Perrot (théorbe, guitare) et Florence Bolton (viole) ne font qu'exprimer l'éloquente poésie de pages raffinées, taillées pour Versailles: ils savent aussi varier et colorer chaque tableau successif en autant de climats qui portent soit au rêve soit à la danse.

 


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