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Diapason # 587 (01/2011)
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Naïve
OP30493

Appréciation d'ensemble:

Analyste: Roger-Claude Travers
Adulé pour ses prestations virtuoses et auréolé du triomphe de l’Estro armonico, le jeune Vivaldi affronte pour la première fois l’arène d’un théâtre en 1713. En prologue d’un accueil triomphal espéré à Venise, il confie prudemment son Ottone à Vicence. Le coup d’essai s’impose par l’art de colorer une ligne, de doser l’inflexion qui émeut, mais aussi par des doubles croches propres à flatter les gosiers agiles. Vivaldi partage avec Lalli, son sulfureux librettiste, le goût pour les séductrices perverses aux habits d’innocence, dont Cleonilla, voluptueuse maîtresse de l’empereur Ottone, est le paragon. Jeux de l’amour sans aucun hasard entre la dame peu farouche, le beau Caio et son amante Tullia, qui avance masquée. La saveur piquante est apportée par le crédule Ottone, césar des cornuti, qui ne voit rien, et délaisse Rome pour sa béate félicité, au désespoir de son confident Decio.

Sens des couleurs aux aguets, continuo réactif, Antonini et son Giardino toujours vert trouvent d’emblée leur marque. L’habile Cleonilla est croquée dès son premier air « Quanto m’alleta » : phrasés sophistiqués, rythme capricieux … l’orchestre n’est pas dupe. Veronica Cangemi batifole sur les mots, sur les accents sensuels, joue à l’innocence empressée de la pauvre incomprise… Et quelle formidable idée de choisir la jeune Julia Lezhneva (née en 1989, et déjà rossinienne hors pair…) pour camper Caio ! Cet amant infidèle se taille la part du lion dans une série d’airs formidablement variés, dont le surprenant « L’ombre, l’aure » ; la pureté du timbre impressionne autant que la l’agilité perlée. Une beauté noble, perfectionniste-née… »

 « Raide dans ses bottes comme le veut Decio, mais vocalement aussi solide que souple, Topi Lehtipu nous enchante… Gardons pour la fin le dindon de la farce, l’Ottone obtus à souhait campé par Sonia Prina, timbre idéalement viril, sans faille dans l’endurance ornementale (« Come l’oda » !) Vivaldi jubilait sans doute en faisant caqueter ce puissant berné. Et nous donc !

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