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Opéra Magazine # 101 (12/2014)
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Propos recueillis par Michel Parouty

 

Heroes from the Shadows, votre nouvel enregistrement qui vient de paraître chez Erato, est consacré à Haendel, un musicien qui vous est cher..

 

C'est un compositeur phare pour moi, il a écrit de si belles choses pour la voix de contralto ! Sa musique, y compris dans sa manière de traiter l'orchestre, est d'une richesse et d'une diversité qu'on ne perçoit pas toujours, car ses livrets sont très souvent construits sur des modèles identiques. J'ai chanté beaucoup de Haendel à la scène : le premier a été le rôle‑titre d’Amadigi, aux côtés de Bernarda Fink en Dardano ; je me suis aperçue qu'elle avait un air admirable, que j'aimais encore plus que les miens, et j'ai commencé à creuser cette question et à me pencher sur les personnages autres que principaux. J'ai adoré incarner Giulio Cesare, mais les airs de Cornelia ou de Sesto sont aussi beaux que les siens... De même, si Radamisto est merveilleusement servi, Zenobia hérite aussi d'un air superbe.

 

Votre réflexion a‑t‑elle trouvé son aboutissement avec ce disque ?

 

Effectivement. Tout a commencé à ce moment‑là et, comme j'ai de la suite dans les idées, j'ai poursuivi mes recherches pendant des années, jusqu'à ce que je puisse enfin établir un programme de pages moins connues,mais superbes. Petit à petit, je me suis ainsi engagée sur un chemin qui m'a convaincue que les rôles secondaires étaient, eux aussi, magnifiquement dotés par le génie de Haendel.

 

Auriez‑vous aimé incarner davantage ces rôles au théâtre ?

 

J'en ai toujours eu envie. Mais aujourd'hui, beaucoup de héros haendéliens sont donnés à des contre‑ténors, entre autres parce que certains metteurs en scène veulent que les personnages masculins soient tenus par des hommes. Je ne peux pas lutter contre, même si je déplore le côté systématique de ce choix. Car je sais que je puis être très crédible dans ce genre d'emploi... sauf si l'on souhaite me mettre en caleçon! Cela dit, il est indéniable que la vague baroque, dont on ne peut contester ni l'importance ni la durée, et la mode actuelle des contre‑ténors ont énormément fait pour cette musique sublime.

 

Comment Haendel se démarque‑t‑il de ses contemporains ?

 

Il se distingue, entre autres, par une richesse harmonique et orchestrale supérieure. Vivaldi, par exemple, que j'adore aussi, est un vrai génie mélodique, mais son orchestre est moins élaboré. Hasse est intéressant, mais ne m'accroche pas comme le fait Haendel. Je le répète, la variété de son écriture est étonnante. On trouve chez lui une puissance n'ayant rien à envier à celle de Bach, et son sens de la théâtralité est passionnant.

 

Une puissance allant de pair avec l'originalité...

 

Évidemment ! Dans l'air d'Irene «Par che mi nasca in seno» extrait de Tamerlano, par exemple, Haendel utilise deux clarinettes, ce qui n'est pas fréquent pour l'époque et donne à cette aria des couleurs mozartiennes. On peut admirer également son utilisation du rythme, du chromatisme et du contrepoint, très personnelle.

 

Pour un chanteur, l'épreuve est risquée...

 

C'est peu de le dire, ! Les vocalises, en particulier, sont délicates chez Haendel, très longues, très étendues. On a l'impression qu'il les a écrites sans se soucier de ce que le chanteur allait faire, même s'il a composé sur mesure pour certains interprètes. Ce «sur mesure» constitue d'ailleurs un piège, car quand on écrit pour quelqu'un dont on connaît les possibilités exactes, on ignore si un autre, plus tard, aura les mêmes facilités pour résoudre les problèmes posés.

 

Il semble que la nouvelle génération de chanteurs n'arrive pas sans un solide bagage culturel.

 

Les jeunes d'aujourd'hui sont souvent plus informés, grâce aux nombreux moyens dont ils disposent. Mais la médaille a son revers. Par exemple, à la Haute École de Musique de Genève, je suis obligée de dire à mes étudiants: «Arrêtez de vous connecter sans arrêt sur YouTube, ne faites pas de mimétisme !» Car même si YouTube est une mine d'or, et un outil formidable quand on l'utilise intelligemment, ils ont tendance à oublier l'importance de découvrir une partition par la seule lecture ou avec un pianiste ; ils me font penser à ces gens qui regardent un film tiré d'un livre, mais n'auront jamais l'idée de lire le livre en question. En même temps, ces jeunes travaillent beaucoup, apprennent des langues, leur éducation est bien plus complète que celle de leurs aînés.

 

Arrivez‑vous à concilier vos activités artistiques et l'enseignement ?

 

À Genève, j'ai quelques élèves de haut niveau, qui n'ont donc pas besoin de me voir tous les jours. On peut enseigner en continuant à mener une carrière active. Voyez l'âge d'or du Conservatoire de Moscou : le professeur de violon, c'était David Oïstrakh ! Donner ces cours, c'est, en quelque sorte, mener une action bouddhiste dans ma vie très chargée. Je dirige beaucoup, je chante beaucoup, et je ne sais pas pendant combien de temps encore je trouverai la force de transmettre. Mais j'ai en moi cette envie, ce besoin de partager mes connaissances et mon savoir.

 

La voix d'alto est à la fois rare et mal connue.

 

En effet. Vous savez, les gens sont toujours obnubilés par les aigus, ils ont l'impression que plus la voix. est haute, plus elle est exceptionnelle ! Ils pensent même, dans certains cas, que si l’on travaille beaucoup, on peut devenir soprano colorature et avoir plus de talent...

 

Comment la vôtre s'est‑elle révélée ?

Enfant, je parlais naturellement dans un registre très grave. Mes parents étaient tous deux
artistes lyriques, mon père basse, ma mère soprano ; elle interprétait Puccini et je m'imaginais déjà en Tosca! Petite, quand je chantais en voix de poitrine, mes parents trouvaient déjà ça bizarre. Quand j'ai commencé à travailler avec ma mère, elle s'est posé des questions à propos de cette étrangeté vocale, elle avait peur de ne pas savoir me guider Elle m'a fait écouter des enregistrements de Kathleen Ferrier : la couleur, les notes de passage, c'était bien cela. Elle m'a donné à étudier le premier air de l'Orphée de Gluck, qui a confirmé ses intuitions ; j’avais enfin un modèle possible.

 

C'est une chance d'avoir une telle voix!

 

Certes, mais c'est aussi très lourd à porter, car elle est au service d'un répertoire difficile et la méconnaissance des gens à son propos est réelle. Le problème, c'est de la faire évoluer.

 

De par sa nature, votre voix a fixé votre répertoire.

 

Obligatoirement. Le répertoire de base d'une contralto est magnifique, mais limité. On est donc forcé de l'élargir, d'essayer de ne jamais perdre en flexibilité pour pouvoir aborder des parties ornées, tout en conservant toujours la ligne et le legato d'un violoncelle, qui permettent de chanter aussi bien Brahms que Poulenc C'est une voix qui mûrit très lentement, qu a besoin de temps. Hans Hotter, l'un des me professeurs à l'École d'Art Lyrique de l'Opéra de Paris, me répétait souvent: « Tu verras, dans vingt ans, tu pourras chanter les grands cycle de Schubert comme moi, tu pourras incarner Erda dans la Tétralogie.» Mais vingt ans, cela me paraissait très loin ! Michel Sénéchal, un autre de mes professeurs, disait la même chose J'ai eu le privilège d'être très bien entourée Ensuite, j'ai appris à travailler seule, à ne pas dépendre d'un maître, à affronter les difficultés et à les résoudre moi‑même.

 

Vos parents ont‑ils vu d'un bon oeil votre volonté de faire carrière dans la musique ?

 Ils n'ont rien fait pour me décourager, ils m'ont toujours soutenue et, en même temps, toujours mise en garde parce que, connaissant ce métier, ils savaient à quoi je m'exposais. Ils m'ont fait comprendre que pour faire quelque chose d'intéressant, il fallait certes avoir une voix performante, mais que ce n'était pas pour autant suffisant. J'ai des bases musicales solides : j'ai pratiqué le piano, le basson, et dès l'adolescence, j'ai étudié la direction d'orchestre, qui me passionnait déjà autant que le chant. J'ai ensuite accordé la priorité à la voix, car j'avais compris que devenir chef d'orchestre était impossible à l'époque pour une femme. Aujourd'hui, les choses commencent à évoluer, mais c'est encore lent, trop lent... Les femmes qui dirigent sont encore rares, même si, incontestablement, une brèche s'est ouverte. Ainsi, je viens d'être invitée par le London Symphony Orchestra, l'Orquesta Nacional de Espaňa, et j'ai été la première à diriger l'Orquesta Sinfonica de Casctlla y Leon, à Valladolid. Chef d'orchestre est un métier fabuleux et, pour moi, une drogue absolue !

 

Vous avez débuté comme chef d'opéra à Monte‑Carlo, grâce à Jean‑Louis Grinda.

Il a été le premier à me faire confiance, et je lui en serai éternellement reconnaissante ! En novembre 2012, j'ai donné chez lui un « pasticcio » haendélien, Duello amoroso, avec mon ensemble Orfeo 55, qu'il a superbement mis en scène. Puis il m'a proposé L’elisir d'amore pour février 2014, et j'en ai été très touchée : les représentations ont été bien accueillies, les relations avec le superbe Orchestre Philharmonique de Monte‑Carlo ont été idylliques, et le fait que je sois la première femme à diriger un opéra dans la fosse de la magnifique Salle Garnier a créé l'événement. Tout ceci m'a vraiment encouragée. Dans la foulée, Jean‑Louis Grinda m'a réinvitée pour diriger Wagner, ce dont je rêvais. Il s'agira d'une production de Tannhäuser, en 2017.

 

Comment faites‑vous pour résister à une activité aussi intense ?

 

J'aime tellement ce que je fais, et ma vie artistique est d'une richesse tellement unique, que cela me porte. Se réveiller un matin en sachant qu'on va diriger, le soir même, une symphonie de Brahms ou de Mahler, chanter Schubert ou Haendel le lendemain, puis retrouver Orfeo 55 ou ses élèves, est absolument merveilleux. Même s'il faut bien avouer que c'est parfois épuisant. Mes amis disent que je suis une force de la nature ! J'essaie de me partager, à parts égales, entre la direction et le chant. Étudier l'immense répertoire qui s'ouvre à moi en tant que chef d'orchestre réclame un énorme investissement, en temps comme en énergie. Mais c'est ce que j'ai toujours voulu, et je ne me plains pas. Il était nécessaire que je commence cette carrière de chef maintenant, alors que ma voix est encore en pleine forme; sinon les mauvaises langues se seraient empressées de dire que je dirigeais parce que je ne pouvais plus chanter ! Comme je vous l'ai dit, la maturation des voix graves est lente, et c'est une chance de profiter de son instrument quand on en a la pleine maîtrise. Jje continue donc, mais en choisissant les projets qui m'apportent du plaisir. Je ne me sens plus obligée d'accepter ce que je ne souhaite pas vraiment et je ressens cette nouvelle étape de mon existence comme un luxe extraordinaire.

 

Vous chantez beaucoup en concert, mais peu dans des productions d'opéra.

 

Pour une raison très simple : on ne m'en offre quasiment jamais. Mais je reste ouverte à toutes les propositions, du moment qu'elles sont intéressantes,car je suis née à l'opéra et je m'y sens comme à la maison. Qu'irais‑je faire, en revanche, dans une production où l'on ne me concéderait qu'un rôle secondaire, quand j'ai la chance de pouvoir aujourd'hui diriger l'opéra en question ? J'aurais aimé que l'on s'adresse à moi plus souvent, surtout à partir des années 2000. l’Orphée de Gluck, par exemple, que j'adore,je ne l'ai incarné qu'à l'Opéra de Lyon, alors qu'à l'époque où je gagnais de nombreux concours avec son air, je m'imaginais le jouer des centaines de fois dans le futur!

 

Comment expliquez‑vous l'engouement actuel pour les contre‑ténors ?

 

Je pense que les gens ont toujours été fascinés par l'étrangeté de ce timbre et par son caractère androgyne. Sauf que la voix de contralto possède, elle aussi, ce charme masculin/féminin : la fascination devrait donc être la même...


C'est assurément l'aspect visuel, désormais primordial sur les scènes lyriques, qui fait que l'on confie presque exclusivement les rôles d'hommes à des hommes. À l'époque de Haendel, les esprits étaient plus ouverts, le travestissement n'était pas quelque chose qui choquait. Et puis, il faut compter avec les fantasmes de ceux qui nous écoutent. Je suis très amie avec Philippe Jaroussky, que j'admire beaucoup et qui, dans mon dernier disque, m'accompagne pour un duo. Il m'a souvent confié sa surprise, en découvrant que certains croyaient qu'il était né avec la voix chantée qui est la sienne aujourd'hui. Et, comme les gens semblent penser que les contre‑ténors sont des exceptions de la nature, on a parfois l'impression qu'ils les considèrent comme des phénomènes de foire. Or, toute voix masculine possède le registre de falsetto qu'ils utilisent; il se trouve simplement que certains ont un falsetto plus beau que les autres!

 

Sur quels critères fondez‑vous vos choix musicaux, tant pour votre orchestre que pour vous?

 

J'ai toujours réagi au coup de coeur, je n'ai jamais rien planifié! Mon seul critère est si j’aime ou pas, si je suis touchée ou pas. Quand j'ai établi le programme pour Heroes from the Shadows, je ne me suis pas demandé si les airs m'allaient ou non; je les ai choisis pour leur beauté et leur variété musicale, en ayant également le souci de mettre en valeur mon orchestre.

 

N'avez‑vous jamais songé à regarder du côté des contraltos rossiniens ?

 

Non, j'ai vite compris que Rossini n'était pas fait pour une vocalité comme la mienne. En plus, dans ses opéras, au fur et à mesure que les actes se succèdent, l'écriture tend de plus en plus vers le mezzo...

 

Bach et Vivaldi font quasiment partie de votre quotidien vocal.

 

J'ai donné énormément de Vivaldi en concert, mais ses opéras ne se montent pas souvent. On sait qu'il préférait, et de loin, les voix de femme aux castrats, et il a écrit pour elles de véritables joyaux. Quant à Bach, c'est notre dieu à tous : sa fréquentation ne peut que nous enrichir.

 

 

Et le récital ?

 

J'éprouve un grand amour pour Schubert et *Schumann, mais aussi pour le répertoire allemand avec orchestre, la Rhapsodie pour alto de Brahms, Mahler., J'aime la poésie, ces histoires racontées en quelques mesures. L’absence de la scène oblige les auditeurs à faire travailler leur imaginaire. C'est un art difficile parce que très intime ; on ne peut pas s'y dissimuler derrière le costume d'un personnage, on y met ses propres sentiments. Chaque lied est comme un opéra en miniature.

 

Peu de femmes se risquent dans Winterreise ; vous faites partie de celles qui ont osé.

 

Ma maxime est justement de ne jamais cesser d'oser Ce cycle n'est pas réservé aux hommes. Schubert a simplement indiqué «pour voix et piano» sur la partition, et l'on sait que, quand il jouait cette musique avec ses amis, les femmes chantaient autant que les hommes. On y parle de la vie, de la mort, de l'amitié, de l'amour.. Qu'importe, dès lors, qui l'interprète ? Ceci posé, il dure quatre­ vingt minutes sans interruption et représente une expérience émotionnelle considérable, qui réclame une grande force physique. Dans les mois qui viennent, je vais le chanter une bonne dizaine de fois, avec Inger Södergren

au piano, et j'en suis profondément heureuse. L’art du récital est un tout, un duo, et je n'au­rais jamais pu le pratiquer avec une telle inten­sité sans l'accompagnement idéal. Avec Inger, l'inspiration est constante et nous célébrons, cette année, nos vingt ans de partenariat !

Pour l'occasion, Warner/Erato réédite, en un superbe coffret de 3 CD entièrement remasté­risés, les trois grands cycles de Schubert ‑ Die

schöne Müllerin, Winterreise, Schwanengesang – que nous avons gravés entre 2003 et 2008, accom­pagnés de nombreuses photos d'archives évo­quant notre collaboration.

 

Parlez‑nous un peu d'Orfeo 55

 

C'est un orchestre que j'ai fondé en 2009. Pourquoi ce nom ? Parce que j'aime le

chiffre 5, parfait reflet de ce que devrait être l'être humain, la force et la droiture de sa par­tie haute, la douceur, la rondeur et la féminité de sa partie basse ; et Orfeo parce qu'Orphée est un mythe fondateur de la musique. Il s'agit d'un ensemble à géométrie variable, en fonction des programmes qui nous sont demandés et des budgets dont nous disposons, constitué à partir d'un noyau fidèle. Je voulais absolument des musiciens ayant une double pratique, baroque et symphonique, sur instruments anciens et modernes, à l'aise dans Haendel, mais sachant également jouer Brahms. Le son, pour moi, est primordial ; j'aime qu'il soit rond et généreux, même dans le répertoire baroque. Cela représente un travail de plusieurs années sur le phrasé, le rythme, la dynamique, les couleurs; je veux que le sentiment musical soit totalement organique, qu'on entende toute la palette sonore. Et, même si Orfeo 55 a été créé essentiellement pour jouer avec moi, nous collaborons de plus en plus avec de grands solistes et je m'en réjouis : Renaud Capuçon, Magdalena Kozena, Sonya Yoncheva... je crois que la prochaine étape devrait être une belle production d'opéra.

 

Vous êtes invitée dans le monde entier, mais vous n'oubliez pas la France.

 

Jamais! Je viens d'avoir le plaisir d'être nommée « artiste associée » de l'Orchestre de Chambre de Paris, à la fois comme cantatrice et comme chef En janvier 2015, je chanterai avec cette formation des lieder orchestrés de Schubert, sous la direction de Thomas Zehetmair, puis, en mai, je dirigerai un programme Mozart, les Symphonies «Haffner» et «Jupiter» encadrant le Concerto pour clarinette, avec Julian Bliss en soliste.

 

Tout en continuant à faire le tour de la planète...

 

Je reviens du Brésil, et je pars au japon pour une longue tournée de récitals (1). Mais, en décembre, je serai en France, au pupitre d'Orfeo 55, pour le Messie (Messiah) : d'abord à l'Arsenal de Metz, qui accueille l'ensemble en résidence depuis 2009, puis à Paris, au Théâtre des Champs‑Élysées, et à la Halle aux Grains de Toulouse. Je retrouverai Haendel avec joie !

 

(1) Cet entretien a été réalisé à Paris, le 24 octobre 2014.

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