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Diapason # 612 (04/2013)
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Naïve
V 5326



Code-barres / Barcode:  0822186053263 (ID308)

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Appréciation d'ensemble:
 
Analyste:  Ivan A. Alexandre

Encore un récital Handel ? Stop ! Pouce ! Même le mordu n’en peut plus. Certes, certes. Seulement, cette fois, rien ne va comme d’habitude. Ni « Ombra mai fu » ni « Piangero », pas un refrain à l’horizon. Pas même une aria tant soit peu populaire. Les seules pages vocales déjà connues sont un allegro de l’ouvrage collectif Muzio Scevola ( « Dimmi, crudele Amore »), un air alternatif de Matilda dans Ottone et la fabuleuse scena d’Alessandro, « Solitudini amate », qui, malgré sa gloire récente (Diapason d’or il y a quatre mois), n’encombre pas les Handel albums.

Tout le reste était jusqu’à présent hidden. Caché. Pour l’essentiel, il s’agit d’airs substitués à tel ou tel autre lors de la reprise d’un opéra par un nouvel interprète. Par trois fois ce sont des pages insérées dans un drame antique de Scarlatti (Pirro e Demetrio, version Londres 1716 brutalement déscarlattisée »). Entre deux airs, peut aussi se glisser une marche instrumentale, ou encore cette curieuse aria pour instruments à vent qui emmêle la sinfonia en sol de Giulio Cesare et le « Ben che tuoni » d’Aci, Galatea e Pohifemo. Du rare, de l’étonnant, un point c’est tout. Sur une terre aussi souvent labourée : chapeau!

Et si la nouveauté l’emporte parfois sur la qualité, certains numéros valent amplement leurs frères illustres. Par exemple « La crudele lontananza » ajoutée à Rinaldo en 1714, ou « Vieni, o caro » qui la remplacera en 1717, présage voilé du « Tra sospetti » de Rodehinda. Le jeu des signes, des préfigurations, des rappels, n’est pas le moins amusant du voyage. A son ordinaire, la mezzo suédoise butine Handel avec autant de verve que d’autorité. Les douze airs étant destinés à des chanteurs très différents de registre et d’expression, tout ne lui sied pas identiquement. Ecrit pour le castrat alto Bernacchi, Demetrio se révèle trop grave pour un mezzo clair; et l’ingénuité d’Oriana (dans Amadigi, si « Lusinga questo cor » appartient bien à cette oeuvre) n’est pas son état normal. Nous n’aurions toutefois cure de ces limites si l’ensemble sentait moins le déchiffrage, si l’orchestre sonnait moins creux et si le chef consentait à s’élever au-dessus d’une lecture note à note privée d’élan (même dans le vigoureux hornpipe !) comme de poésie (jusqu’aux « Solitudini » finales !!). Idée généreuse, programme unique, superbe voix, disque hélas réservé aux adorateurs.

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