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Texte paru dans: / Appeared in:
Diapason # 746 (Eté/2025)

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Analyste: Ivan A. Alexandre

 

Panique à Londres, suite (cf. no 573 ). Alors qu'il promettait de donner à l'Angleterre l'opéra que les Italiens pratiquaient depuis un siècle - et les Français depuis vingt ans - Purcell meurt en sa prime jeunesse. Qui lui succédera ? Qui fera chanter son pays dans sa langue ? En 1701, la gentry ne voit qu'un moyen, organiser un concours. Le poète William Congreve envoie le texte d'un « masque », The Judgment of Paris, aux quatre finalistes : Daniel Purcell, frère cadet de Henry, Godfrey Finger, gambiste morave émigré sous Charles II, John Eccles et John Weldon. Quatrième au concours, Finger quitte l'Angleterre. Troisième : Purcell, invisible dans l'ombre de son frère. Deuxième : Eccles, favori des musiciens (sa version a été enregistrée par la Early Opera Company de Christian Curnyn en 2008, chez Chandos). Vainqueur inattendu et longtemps ignoré : Weldon.

 

Ignoré pas tout à fait. A la fin du XXe siècle, une Tempest attribuée à Henry Purcell trouva un nouveau père, Mr Weldon, organiste à Oxford puis à Londres, auteur probable des deux plus beaux airs, « Halcyon Days » et « Dry Those Eyes ». Comment se faisait-il que le compositeur de telles pages demeure à ce point méconnu ? Réponse ici. L'instinct mélodique et la vocalité athlétique ne font pas un opéra.

 

La faute à qui ? A Congreve évidemment, qui étire le tableau du berger Pâris face aux trois déesses - aventure narrée par Offenbach en quatre minutes dans La Belle Hélène. Conscient de sa faute, Congreve changera de cap pour faire de sa Semele un monument du théâtre chanté. A rebours, Weldon allonge, ajoute quatre chœurs, renonce au drame. Mais avec quel instinct et quelle liberté ! Fier disciple de son maître Purcell (Symphony for Pallas, quasi-citation), son Jugement de Pâris n'est que verve et charme, y compris dans une séquence finale dont le velours mélodique épouse une virtuosité tout italienne.

 

Comme naguère la Semele d'Eccles (cf. no 699), Paris trouve en Julian Perkins un champion singulier. Singulière la forme, singuliers le style mais aussi le caractère. La furieuse Junon éructe, la virile Pallas trompette, mezzos tendues à presque rompre sur des lignes de soprano (diapason pourtant grave à la française : 392 Hz) ; Mercure flirte avec Paillasse. Impossible de les confondre. Et tous s'inclinent comme il se doit devant deux merveilles : le baryton Jonathan Brown, fluide et autoritaire moitié Stephen Varcoe moitié David Thomas, et la soprano Anna Dennis, Vénus de pied en cap, caressante jusque dans la bravoure conclusive. Noter parmi les attendants un tout jeune baryton, superstar norvégienne avant qu'il ne mue, Aksel Rykkvin (Diapason découverte en 2016, cf. no 652).

 

Orchestre (modeste comparé aux soixante instrumentistes du printemps 1701) solide et varié, chœur vaillant, bon esprit, musique délicieuse ( Symphony for Venus , un nuage de miel), présentation idéale… une découverte.

 



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