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Texte paru dans: / Appeared in:
Diapason # 746 (Eté/2025)

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Centre Versailles  Référence: CVS125

Code barres / Barcode : 3760385430416


 

Analyste: Loïc Chahine

Neveu de Louis XIV, Philippe II d'Orléans composa, avant de devenir régent, trois opéras dont cette Suite d'Armide, datant des années 1703-1705. Il est probable que « le prince s'est fait seconder par [Charles-Hubert] Gervais, son maître de composition », précise Thomas Leconte dans la notice. D'ailleurs, les comptes de la Maison du roi mentionnent que des parties séparées furent réalisées « pour la Suite d'Armide du sieur Gervais », et le Mercure galant de 1705 attribue l'ouvrage au même Gervais.

Qu'importe le nom sur le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! En cinq actes et un prologue (ici omis), cette tragédie en musique est riche d'harmonies recherchées et d'une orchestration soignée. Dès le monologue d'Herminie qui ouvre l'acte I, on est sous le charme d'une écriture inventive et raffinée. Notons en particulier les bassons obligés, annonçant Rameau, dans l'invocation « Ciel, ouvre-toi » (acte II, scène 4, gâchée ici par les accords appuyés du clavecin), les quatre pupitres de violon et deux flûtes, sans continuo, dans l'air « O vue, hélas » (IV, 4, superbe), ou l'instrumentation étonnante de la Symphonie précédant le monologue de Renaud (III, 5) : des cordes arco dialoguent avec deux pupitres de violons pizzicato, trois de flûtes et une partie de « luths théorbes » notée indépendamment de la basse continue !

Il est regrettable que Leonardo Garcia Alarcon ne suive pas à la lettre cet effectif inouï, parant le violon arco (devenu solo - procédé récurrent dans cet enregistrement) de basses d'archet en pizzicatos, joignant ces dernières aux « luths théorbes », remplaçant les « flûtes allemandes » spécifiées sur la partition par une flûte à bec… Et pourquoi ce tempo si allant, si actif quand le texte qui suit parle « d'objets doux et paisibles » ? Dans l'air, justement, pourquoi une basse d'archet s'invite-t-elle dans un passage où le compositeur réclame seulement « luths et théorbes » ?

On s'épuiserait à détailler toutes les libertés qu'Alarcon s'autorise. Dans l'ensemble, le chef semble davantage sensible aux effets (les ralentis !) qu'aux climats. Quand les « guerriers délivrés » chantent en chœur « Nos fers sont brisés, quel bonheur ! », ledit bonheur n'est guère manifeste dans ce tour galant qui semble n'avoir été pris que pour contraster avec le « triomphe » ensuite annoncé et doté d'un changement de tempo nulle part noté. A l'inverse, les récits et petits airs sont souvent accompagnés par le continuo avec une certaine indifférence.

On ne s'étonne pas de coupures nombreuses qui sont quelquefois dommageables : la disparition de la Marche qui devrait ouvrir la scène 3 de l'acte I (pourtant indiquée comme présente dans le livret du double CD !), par exemple, rend la transition bancale, et la suppression de plusieurs danses finit par abîmer la dramaturgie. Fait aussi défaut une respiration théâtrale -et certains tempos semblent peu propices au texte.

Toujours maîtresse d'une déclamation de tragédienne, Véronique Gens fait sentir la blessure sous l'air altier d'Armide. Timbre agréable et joli vibrato, Marie Lys a le charme d'Herminie, phrasant ses interventions avec un engagement prenant. Et l'on apprécie le Démon embrasé de Gwendoline Blondeel (au III). Cyrille Dubois campe un Renaud tout feu tout flamme, mais un brin poseur, quand le ténor de Fabien Hyon (Vaffrin) est parfois désordonné. Le Tancrède de Victor Sicard manque de noblesse, éclipsé par l'Ismen à l'éloquence affûtée de David Witczak.

Un chœur plus d'une fois brouillon et un orchestre par trop prosaïque achèvent de faire de cette gravure une occasion ratée. Par-delà la curiosité d'une partition signée par un souverain, la Suite d'Armide mérite mieux.

 



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