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Texte paru dans: / Appeared in:
Diapason # 746 (Eté/2025)

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Versailles  Référence: CVS153 

Code barres / Barcode
:3760385430591


 

Analyste: Piotr Kaminski

Dès les premiers accords de l'Ouverture, la clarté des cordes nous séduit, les rythmes robustes et le souffle bien maîtrisé des phrasés nous impressionnent, l'énergie du discours nous emporte.

Il y a de la fraîcheur dans cette approche - comme si Valentin Tournet s'était donné pour objectif de récupérer la lyre d'Apollon aux fins de ramener Platée à sa substance originelle. Il avance fièrement, secondé par ses ensembles de grande classe et un plateau remarquable : David Witczak, l'infaillible comprimario de ce répertoire, le noble Zachary Wil-der, à la voyelle lumineuse, Alexandre Duhamel et Juliette Mey, couple très royal, et Marie Lys qui s'affranchit héroïquement de la vision imaginée autrefois par Jennifer Smith et reprise depuis, avec quel succès, par Mireille Delunsch, Annick Mas-sis ou Julie Fuchs. Au centre, Mathias Vidal qui, dominant son vibrato rebelle, nous offre une Nymphe digne et touchante.

À la deuxième écoute, de légères frustrations nous piquent. On remarque soudain des aigus qui plafonnent. On suspecte Cyril Costanzo de surjouer les effets bouffes de son Momus - pour mieux dissimuler ses éraflures vocales. On aurait tant aimé entendre, chez Jupiter, un supplément de masculinité toxique. Plus généralement, si le verdict de nos confrères - « belle opulence au détriment de la variété » (Les Indes galantes, cf. no 700, Les Paladins , cf. no 710 ) - nous semble moins justifié ici, si les curieuses fragilités présentes dans Les Indes de 2020 ont disparu et le « nuancier » s'est enrichi, une certaine raideur demeure. On se languit d'un petit abandon sensuel, un « plié » plus souple - « bouffon » certes, mais « ballet » quand même. La Folie de Marie Lys est admirablement chantée - mais qui est-elle, ange ou démon ?

Zachary Wilder, que nul ne soupçonnera de manquer d'humour, en appelle au « rire » en évitant, il est vrai, le ton sinistre d'un Gedda -mais pourquoi ne sourit-il jamais, dans deux rôles dont l'essence même est la cruauté narquoise ? Mathias Vidal refuse de plonger sa Platée dans la fange boulevardière, mais pourquoi rester « si doux, si doux » ? Un peu de férocité satirique n'y ferait pas de mal. Et pourquoi rit-on si souvent après la musique, plutôt que de sourire pendant ? Quelques bizarres onomatopées animales ne sauraient suppléer au soleil dans les notes.

Quoi qu'il en soit, voilà un ajout précieux à la discographie : Minkowski pour Platée, Rosbaud pour Sénéchal, Tournet pour « un spectacle nouveau ».



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