Lieu d'enregistrement / Recording site: Collégiale de St. Jean-Baptiste, Roquemaure
Date d'enregistrement: 03/1986
Recording date: 03/1986 Durée totale / Total time:92'25"
Le Testament Musical de J.S.Bach
The Testament of Bach
(Alia Vox 9817 + Alia Vox 9818)
L’Offrande musicale et L’Art
de la fugue
Le monument musical intitulé le “Testament de Bach”,
représenté dans cette édition discographique, par l’Offrande
musicale et L’Art de la fugue, répond à l’idée
que Johann Sebastian Bach a travaillé les dernières années
de sa vie à laisser au monde un véritable Testament:
1747:réalisation de l’Offrande
musicale
1748/49: achèvement de la Messe en
si mineur
1749: achèvement et gravure de L’Art
de la fugue
1750: mort de J. S. Bach
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AVSA9819-
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Bach
Musical Offering and The Art of Fugue
The musical
monument entitled “Bach’s Testament”, which in this
recording takes the form of the Musical Offering and The Art
of Fugue, is inspired in an idea which occupied Bach during
the last years of his life: to leave a true musical
testament, or legacy, to the world.
1747: creation of the Musical Offering
1748/49: completion of the Mass in B minor
1749: completion and copperplate edition of The Art of Fugue
1750: death of J. S. Bach
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AVSA9819-
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Bach
PRÉSENTATION Maintenant disponible séparément, voici la réédition
remasterisée et somptueu-sement
présentée de l'Art de la Fugue par Jordi Savall et
Hespèrion XX. Saluée par la critique lors de sa sortie en
1986, la réédition par Alia Vox de L’Art de la Fuguede Jean Sébastien Bach
(1685-1750) à l’automne 2001 avait provoqué un nouveau
regain d’intérêt. C’est sans doute que deux siècles et demi
après sa création, cette œuvre datant de la fin de la vie de
Bach demeure pleine de mystères. Trop longtemps incomprise
et considérée comme purement théorique, elle est finalement
reconnue aujourd’hui comme l'un des sommets de la musique,
bien que la polémique reste entière concernant certains
problèmes relatifs à son interprétation.
L’Art de la
Fuguesynthétise parfaitement le
savoir et le génie dans l’art du contrepoint de Bach. Sa
phénoménale capacité d’invention, son sens extraordinaire de
la forme, de la structure et du nombre, sans jamais négliger
le côté expressif et musical de la création sont sans doute
une des caractéristiques majeures de Bach. Lui-même grand
improvisateur, il laisse au musicien une grande liberté
d’interprétation et l’invite à faire preuve de sa propre
logique créative.
Jordi Savall
est donc l’interprète idéal pour relever ce défi ; sa
lecture donne à cette œuvre une forme d’une générosité
extraordinaire et permet d’en saisir toute l’ampleur
musicale, réalisant ainsi la synthèse parfaite entre la
forme et le contenu émotionnel. Il l'interprète avec une
formation pour laquelle a été composée la plus grande partie
du répertoire de musique contrapuntique des XVIe et XVIIe
siècles : un ensemble de violes. Pour certaines fugues, un
ensemble de quatre instruments à vents d’époque a été
ajouté.
Le programme est structuré comme un miroir à double face
reflétant non seulement la progression et la cohérence des
différentes pièces mais aussi leur variété.
L’instrumentation de chacune des pièces est déterminée d’une
part, par des critères formels (mise en valeur optimale du
contrepoint) et d’autre part, par les caractéristiques et
les possibilités techniques des instruments mêmes. Ceci
permet une lecture fidèle du texte original et renforce le
caractère propre de chaque fugue, mais permet également une
réalisation sonore optimale et une plus grande variété de
couleurs et d’intensité dynamique.
Excerpt
More than
two centuries after its composition, Johann Sebastian Bachs
The Art of fugue is still a work that is full of mystery.
Too “modern” for its own time, not understood by the
Romantics, unjustly regarded as purely theoretical by
certain musicologists at the beginning of the twentienth
century, it is now finally recognized as one of the highest
musical achievements of all time. Its rightful recognition
as such has not, however, put and end to the various debates,
nor has it resolved certain problems about its performance,
the choice of instruments or instrumentation, the order of
the counterpoints, the problems concerning the unfinished
fugue, and naturally, the question of articulation, tempo
dynamics, ornamentation, etc.
In this recording, Jordi Savall "... favours the chamber
ensemble approach"..."with "an instrumentation ...
confined to a consort of viols-treble, alto, tenor and bass-with
additional colour provided by a cornett, trombone, oboe da caccia
and bassoon. Why not?"
"Emphasis is placed on tonal variety in which, as Savall
himself remarks, the instrumentation is determined on the one hand
by formal criteria, such as that of highlighting the counterpoint,
and on the other by the characteristic and technical possibilities
of the instruments themselves. By and large these artists achieve
their aims successfully."
"The level of executancy by the members of Hesperions XX is
high"
"The mighty quadruple fugue played in the unfinished state in
which Bach left it is very effectively treated with a marvelously
sonorous quartet of wind instruments... Clear recorded sound,
which enables you to pick out all strands of Bach's texture with
ease...
Well woth investigating".
Cette appréciation de L'Offrande musicale
est faite dans le contexte d'une analyse plus globale de l'édition
combinée avec L'Art de la fugue et parue sous le titre: Le
Testament de Bach (Alia Vox 9819)
"À
l’époque de sa parution chez Astrée en 1986* , l’originalité de
Savall consistait à jouer, pour la première fois, L’Art de la
fugue pour ensemble de violes et/ou ensemble de vents, dans le
même esprit émotionnel. ... l’Espagnol cherchait à atteindre
une expressivité très forte autorisant une grande souplesse
rythmique, mais aussi très intériorisée, très spiritualisée.
Peut-être de manière trop uniforme ..., car si les couleurs
changent, le climat reste toujours mélancolique et assez austère
(quoique, c’est là le paradoxe, très chaleureux). La justesse des
vents atteint parfois ses limites dans ces tempi relativement
lents, à la majesté hypnotique, mais la version de Savall n’en reste
pas moins d’une singulière beauté."
Au moment
de la réédition de L'Art de la fugue, un
autre critique de Diapason écrit ce qui suit:
"Considéré isolément, cet Art de la fugue
soulève la question d'un ensemble instrumental dans une oeuvre
composée (il n'est pas permis d'endouter aujourd'hui) pour
clavier. La question n'est pas tant celle du principe (une
instrumentation) que sa réalisation. Coloristené, Savall
emploie un effectif typique du premier baroque allemand (quatuor
de violes, cornet, hautbois, trombone et basson) afin de rapprocher
Bach et ses aïeux. L'expérience est digne d'intérêt, mais peu
convaincant. Le Contrapunctus IX résume ses écueils: les
violes et les cornets sont imperméables à certains détails de
l'écriture, si bien que les contours véhéments du sujet sont
adoucis au risque de perdre le caractère. Tous les instruments
sont exposés à des difficultés techniques (tessiture,
intonation, articulation) qui les trahissent à un moment ou à un
autre. En outre, l'orchestration donne d'emblée la solution de
l'énigme (la fugue proprement dite est confiée aux violes, les
migrations du thème augmenté aux vents) quand Bach invite
l'auditeur à la chercher".
Lors de la
première parution de
cet enregistrement, Jean-Marie Piel avait écrit::
" La vérité de L'Art de la Fugue
possède une telle richesse sémantique qu'elle supporte sans
dénaturation ou affaiblissement de son contenu les traductions
instrumentales les plus diverses. Il n'en demeure pas moins que
ces "re-créations", aussi tentantes soient-elles, ne
peuvent en toute rigueur, qu'altérer la perfection originale du
texte, un peu comme si l'on "recréait" en couleurs un
chef-d'oeuvre cinématographique en noir et blanc."
À ceux qui ne sont pas convaincus que ce sommet de la polyphonie
a été conçu pour la monochromie du clavecin, la lecture
d'Hespèrion XX devrait s'imposer par sa beauté austère, sa
densité mélancolique et sa sombre transparence qui lui
confèrent une place à part dans les versions réinstrumentées".
This reviewer has very little to say about the performance
of Hespèrion XX under the direction of Jordi Savall. His
preference goes to a performance on organ of this work. He
wrrites: "My personal prefernce remains for the organ. ...
For a mixed instrumental period ensemble, I very much like
Savall and Hespèrion XX. They bring out a kinder, gentler,
more lyrical side to this music, wheras organ performances
tend to highlight the grandeur but also the more austere
aspects of the score. However, if your taste runs to period
instruments, you might also wish to consider Fretwork on
Harmonia Mundi. The performance is limited to an ensemble of
viols, and it is really a quite beautiful sound."
Goldberg a cessé de publier
avec le # 54
~~~~~~
Goldberg is no longer available.
# 54 was the last issue.
Chroniqueur:
Uri Golomb Texte intégral:
"L'arrangement de Savall pour l'Art de la Fugue
est délibérément archaïque. L'ensemble de violes est d'après lui
"l'ensemble pour lequel la plus grande partie du répertoire de musique
de chambre contrapunctique des XVIe et XVIIe siècles a été écrite",
mais cette formation instrumentale avait en fait complètement disparu
au temps de Bach. Aux violes Savall a ajouté "un groupe de quatre
instruments à vent de l'époque". Deux d'entres eux cependant sont eux
aussi archaïques: lorsque Bach employait les cornets à bouquin et les
sacqueboutes, c'était essentiellement pour doubler les lignes vocales
en stile antico des mouvements chantés.
Comme je l'ai expliqué dans l'article, ce type
d'arrangement correspond à l'idée courante que L'Art de la Fugue
a lui-même plus de rapports avec la polyphonie de la Renaissance
qu'avec le baroque. Ce point de vue se reflète aussi dans
l'atmosphère mélancolique et introspective qui imprègne
l'interprétation elle-même. Savall et ses collègues optent résolument
pour de longues phrases liées, pour des tempos lents ou modérés, et
pour un éventail dynamique restreint.
Sur le plan de la sonorité, c'est la plus belle interprétation de
L'Art de la Fugue qu'il m'ait été donné d'entendre (malgré
quelques intonations parfois incertaines). Les musiciens dessinent
leurs lignes avec une grande sensibilité, réussissant à combiner une
clarté de texture avec la montée progressive et cumulative de
l'intensité musicale.
Il en résulte une vision clairement introvertie, sans recherche de
dramatisation, mais d'une expressivité prenante. L'énorme "contenu
émotionnel" de la musique, son aptitude "à émouvoir les auditeurs, y
compris ceux qui n'ont aucune connaissance des règles du contrepoint"
(Savall), sont transmis avec une subtilité et un raffinement qui
capturent l'attention de l'auditeur et captivent son oreille."
Read the excellent
article by Uri Golomb
"Johann
Sebastian Bach's The Art of the Fugue"
published in Goldberg (#38)
À lire:
l'excellent article de Uri Golomb
"L'Art
de la Fugue de Johann Sebastian Bach"
paru dans Goldberg (#38)
Goldberg
# 17
Automne / Fall 2001
Analyste:Graham
Lock
Ce magnifique coffret contient un nouvel enregistrement de l' Offrande
Musicale par Le Concert des Nations ainsi que l'enregistrement
remasterisé de 1986 de l' Art de la Fugue d'Hespèrion XX. Bien que ces
oeuvres soient également disponibles séparément, elles forment un
assortiment logique : les deux principales oeuvres instrumentales des
dernières années de Bach, sous la baguette de Jordi Savall.
La version de l' Art de la Fugue d'
Hespèrion XX demeure l'une de mes favorites. L' instrumentation de
Savall, un ensemble de violes, rejoint de temps à autre par un
ensemble de vents baroque (cornetto, oboe da caccia, trombone,
basson), semble toujours inspirée. Bien que les différentes voix du
contrepoint soient clairement audibles, les diverses combinaisons
instrumentales créent un riche tableau de textures séduisantes : la
pure beauté du son est une joie à part entière. Les interprétations
sont également excellentes, profondément méditatives et pourtant
vivement expressives.
Si l'approche de l' Offrande Musicale par
Savall n'est pas aussi clairement radicale, elle reste malgré tout
extrêmement personnelle et convaincante. Les touches habiles abondent
: il débute par le thème du roi, interprété sur l'instrument du roi
(la flûte), et inclut des versions pour clavecin solo et pour ensemble
de l'auguste ricercar a 6, dans ce que les annotations décrivent comme
sa structuration « voûtée » des oeuvres. L' interprétation est, une
fois de plus, superbe, avec Pierre Hantaï (clavecin), Marc Hantaï
(flûte), Manfredo Kraemer et Pablo Valetti (violons) et Savall
lui-même (violes de gambe alto et basse) comme principaux
intervenants.
Ce que Savall appelle « le cours
mystérieux du génie de Bach » est étudié sous tous ses aspects sur ces
CD, avec une compétence exemplaire et une imagination rare. Faisant
ainsi du Testament de Bach l'un des meilleurs CD sortis cette année.
Reviewer:Graham
Lock
This handsome box-set contains a new recording of the Musical Offering
by Le Concert des Nations plus the newly remastered 1986 recording of
the Art of Fugue by Hespèrion XX. Although both sets are also
available separately, they make a logical pairing-the two major
instrumental works of Bach's last years, realised under the guiding
hand of Jordi Savall.
Hespèrion XX's version of the Art of Fugue
remains among my favourites. Savall's choice of instrumentation-a
consort of viols supplemented at times by a consort of baroque winds (cornetto,
oboe da caccia, trombone, bassoon)-still seems inspired. While the
different voices in the counterpoint are clearly audible, the various
instrumental combinations create a rich array of alluring textures;
the sheer beauty of the sound is a joy in itself. Performances too are
excellent, deeply thoughtful yet acutely expressive.
If Savall's approach to the Musical
Offering is less patently radical, it is still both highly individual
and very persuasive. Deft touches abound: he begins with the King's
Theme played on the King's instrument (flute), and includes both solo
harpsichord and ensemble versions of the majestic Ricercar a 6 in what
the notes describe as his 'arch- shaped' structuring of the pieces.
The playing is again superb, with Pierre Hantaï (harpsichord), Marc
Hantaï (flute), Manfredo Kraemer and Pablo Valetti (violins) and
Savall himself (alto and bass violas da gamba) the chief
instrumentalists.
What Savall calls 'the mysterious current
of Bach's genius' is explored on these CDs with exemplary skill and
rare imagination, making The Testament of Bach one of the year's
outstanding releases.
Autres références disponibles via la base de
données de Todd McComb:
(Site: http://www.medieval.org)
Date de création de cette
fiche: 4 avril 2006
Dernière
mise à jour de cette fiche:
2011-04-05
This page was first published on:
April 4, 2006
This page
was updated on:
04/05/11
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