Dans cet
enregistrement unique en son genre, Montserrat Figueras, en
sept portraits couvrant sept siècles (900-1600), rend
hommage à la femme en partant de ses sept aspects dans
l’ancienne Hespérie, tout au long d’un voyage intérieur
qu’elle présente en ces termes : « Lux Feminae est une «
agora » musicale, un espace où, à partir de la musique, est
invoquée la féminité : son message, sa force, sa souffrance,
sa sacralité, sa lumière. Il s’agit de musiques et de textes
concernant temporellement le Moyen Âge et la Renaissance,
qui ont pour protagonistes des femmes appartenant au monde
culturel hispanique qu’il soit de tradition chrétienne,
juive ou musulmane, et qui montrent les différentes facettes
du mythe riche et profond de l’univers féminin. Qu’elle soit
auteur, sujet d’inspiration ou destinataire, la femme
enrichit un patrimoine musical dont le parcours va du Chant
de la Sybille, des jarchas, des poèmes arabo-andalous et des
Cantigas d’Amigo jusqu’aux poèmes mystiques de
Sainte-Thérèse de Jésus, aux berceuses populaires, aux
saetas et aux romances séfarades.» Ce disque permet de
nous transporter hors du temps, de nous recueillir, de nous
retrouver dans un monde de spiritualité, de mystère,
d’harmonie, de méditation et de plénitude, d’intimisme et de
lumière, où la femme est constamment sublimée. Montserrat
Figueras a puisé dans le riche patrimoine musical de ces
siècles pour illustrer les sept portraits de femmes (Femme
antique, Femme nouvelle, Femme ludique, Femme mystique,
Femme amante, Femme mère, Femme éplorée).
Source:
Site Alia Vox
Lux Feminae is a homage to the
light of Woman. Having sung of that light for so long
through music and poetry, I naturally became aware that it
has not always been free to shine. Lux Feminae is also a
story with music about women and an invocation to femininity,
as the key to the spiritual world. Lux Feminae focuses on
seven aspects of woman in ancient Hesperia, from the Middle
Ages to the Renaissance. Seven is a sacred number that has
been revered by sages and mystics through the ages: it is
the union of 4 (the four elements, the four colours from
which all the colours in the artist’s palette are made...)
and 3 (the Trinity, the Pyramid...), symbolising the union
of all things both spiritual and earthly, a union which is
also embodied in the figure of woman. Seven is the number of
the climes, the seas, the heavens and the days of Creation;
this sacred dimension is also found in music and poetry and,
indeed, in ourselves, since we have the capacity to make
sacred or profound everything that we experience and do.
Over and above sacred music, there is a sacred way of making
music.
Lux Feminae represents an interval of intimacy, the
description of a delicate, secluded space which must be
protected, an inner garden at the centre of which we find
the anima, light, Beauty. The manner of singing, therefore,
also draws on that intimacy, while also incorporating
strength, rhythm, dance and the dramatic power of words. The
different traditions of Christianity, Judaism and Islam have
all felt the need to express that intimacy through the same
symbolism: the inner garden, the cloister, the castle of
interior mansions as spaces of quietude, knowledge and
meditation.
Lux Feminae is a celebratory disc because the best approach
to life is to celebrate everything and take time to
celebrate. It is a hymn to the place of woman through
history, focusing on her aspects of light: mysticism,
sensuality, motherhood, love, lament, rejoicing and wisdom.
Women sing the story of humanity, celebrating the beauty and
possibility of being sweet as honeycomb on the tongue;
celebrating mystical love, the fruitful womb and the tender
breast that nurtures God; celebrating the experience of
giving birth, of motherhood and nursing a child; the gift
and duty of transmitting life, teaching and being teachers
of life; celebrating the experience of joy, even in the
midst of grief and loss. All the protagonists of the poems
and songs in Lux Feminae embody and bear witness to that
light.
O Lux
Lux Feminae est un hommage à la lumière
de la Femme et, tout naturellement, après l’avoir chantée aussi
longtemps en musique et en poésie, il m’est apparu évident qu’elle
n’a pas pu toujours briller. Lux Feminae est aussi une
histoire en musique sur la femme, puisque c’est elle qui nous
permet d’accéder au monde spirituel. Lux Feminae part de
sept aspects de la femme de l’ancienne Hespérie, entre le Moyen-
âge et la Renaissance. Le 7 est un numéro sacré estimé des sages
et des mystiques de toutes les époques : c’est l’union du 4 (les
quatre éléments, les quatre couleurs à partir desquelles on
obtient toute la palet te de l’Art...) et du 3 (la Trinité, la
Pyramide...), qui symbolisent l’union de toutes les choses de
l’esprit et de la terre, union incarnée également dans la figure
de la femme. Sept sont les climats, les mers, les cieux, les jours
de la création... mais le caractère sacré du sept est également
présent dans la musique, dans la poésie, ainsi qu’en nous-mêmes,
qui pouvons sacraliser ou donner de la profondeur à ce que nous
vivons et à ce que nous faisons Au delà de la musique sacrée, il y
a une forme sacrée de faire de la musique.
Lux Feminae
est un instant d’intimité, la description d’un délicat
espace intramuros, que l’on doit protéger, d’un jardin
intérieur au centre duquel se trouve l’âme, la lumière, la
Beauté. C’est pour cette raison que la façon de chanter se
nourrit, elle aussi, de cette intimité, sans pour autant
rien céder de la force, du rythme, de la danse et du
dramatisme des mots. Les diverses traditions chrétienne,
juive et musulmane ont ressenti le besoin d’exprimer cette
intimité à partir d’une même symbolique le jardin intérieur,
le cloître, le château des 7 Demeures, en tant qu’espaces de
recueil, de connaissance et de méditation.
Lux Feminae
est un disque de célébration, car la meilleure manière de
vivre est de tout célébrer et de s’accorder le loisir
nécessaire pour le faire. Il chante la situation de la femme
dans l’histoire, à partir de ses aspects lumineux : les
aspects mystique, sensuel, maternel, amoureux, ainsi que
ceux de la plainte, de l’enjouement et de la sagesse. Les
femmes chantent l’histoire de l’humanité et célèbrent la
beauté et la possibilité d’être gâteau de miel pour le
palais, elles célèbrent l’amour mystique, d’avoir le ventre
enceint et la poitrine heureuse de Dieu, elles célèbrent
l’expérience d’enfanter, et d’être mère et nourriture, le
don et le devoir de transmettre et d’enseigner, et d’être
maîtresses de vie, elles célèbrent la joie vécue même dans
la perte et la douleur. Toutes les héroïnes des poèmes et
des chansons de Lux Feminae en témoignent et sont
lumière.
Montserrat Figueras
O Lux Lux Feminae
is a homage to the light of Woman. Having sung of that light for
so long through music and poetry, I naturally became aware that it
has not always been free to shine. Lux Feminae is also a
story with music about women and an invocation to femininity as
the key to the spiritual world. Lux Feminae focuses on
seven aspects of woman in ancient Hesperia, from the Middle Ages
to the Renaissance. Seven is a sacred number that bas been revered
by sages and mystics through the ages: it is the union of 4 (the
four elements, the four colours from which all the colours in the
artist’s palette are made...) and 3 (the Trinity, the Pyramid...),
symbolising the union of all things both spiritual and earthly, a
union which is also embodied in the figure of woman. Seven is the
number of the climes, the seas, the heavens and the days of
Creation; this sacred dimension is also found in music and poetry
and, indeed, in ourselves, since we have the capacity to make
sacred or profound everything that we experience and do. Over and
above sacred music, there is a sacred way of making music.
Lux Feminae represents an interval of intimacy, the
description of a delicate, secluded space which must be protected,
an inner garden at the centre of which we find the anima, light,
Beauty. The manner of singing, therefore, also draws on that
intimacy, while also incorporating strength, rhythm, dance and the
dramatic power of words. The different traditions of Christianity,
Judaism and Islam have all felt the need to express that intimacy
through the same symbolism: the inner garden, the cloister, the
castle of interior mansions as spaces of quietude, knowledge and
meditation.
Lux Feminae
is a celebratory disc because the best approach to life is
to celebrate everything and take time to celebrate. It is a
hymn to the place of woman through history, focusing on her
aspects of light: mysticism, sensuality, motherhood, love,
lament, rejoicing and wisdom. Women sing the story of
humanity, celebrating the beauty and possibility of being
sweet as honeycomb on the tongue; celebrating mystical love,
the fruitful womb and the tender breast that nurtures God;
celebrating the experience of giving birth, of motherhood
and nursing a child; the gift and duty of transmitting life,
teaching and being teachers of life; celebrating the
experience of joy, even in the midst of grief and loss. All
the protagonists of the poems and songs in Lux Feminae
embody and bear witness to that light.
"If I label the end product magnificent, it
might be an understatement. The lavish booklet alone runs to 160
pages, with analyses by the singer as well as full texts and
translations. On every second page there is a colour reproduction of
a masterpiece by such artists as Perugino, Caravaggio, da Vinci and
Michelangelo."
Analyste: Mary Berry
Mary Berry souligne la contribution remarquable de Montserrat
Figueras à notre appréciation et à notre compréhension de la musique
ancienne.
Selon elle, il s'agit ici de la 67ième participation de la soprano à
un enregistrement.
À propos de "Lux Feminae", Mary Berry est des plus élogieuse.
Elle écrit: "Figueras est dans son élément. Elle peut être
dramatique ou passionnée, facétieuse ou affligée; paraître comme une
jeune fille souhaitant s'affranchir et que l'on contrôle
difficilement; et être une âme sainte en complète union mystique
avec Dieu".
"La versatilité de Figueras est remarquable. Un disque fortement
recommandé".
« Par-delà le domaine de la musique sacrée, il existe aussi une
manière sacrée de faire de la musique «. La phrase de Montserrat
Figueras résume avec une belle simplicité la portée de cet album,
hommage fondamental à la femme, perçue comme une médiatrice majeure
entre les choses du spirituel et de la terre. Dans ce travail sur un
vaste passé, le chant de Montserrat Figueras est un fil conducteur
qui tourne au geste liturgique, à travers sept visages (ou stations)
privilégiés de la condition féminine dans l’ancienne Hespérie (seule
entorse à cet environnement hispanique, le témoignage
troubadouresque de la Comtesse de Die).
La reconstitution minutieuse d’un son
« d’époque «y importe moins que le feu d’une émotion intérieure. Et
c’est à la chaleur de cette émotion qu’il faut juger une
interprétation qui se fait épure, vision émergeant de la nuit des
âges. Sans doute, ce chant amplement modulé ne se mesure-t-il pas à
l’aune des critères musicologiques habituels, la soliste étant le
plus souvent mue par un désir de transcendance qui tend à s’opposer
au déterminisme de plus d’une exhumation à la mode (la Canso
occitane de Béatrice de Die dont Montserrat, soutenue par la seule
lira d’arc de Jordi Savall, fait quasiment une image de vitrail).
Cette attitude n’est nullement incompatible avec le dramatisme de
l’impressionnante Sibila latina de la plage 2, qui prophétise le
retour du Christ à la fin des temps et où, parmi d’autres, le timbre
fervent d’Arianna Savall entretient une vraie complicité avec la
voix maternelle. Au-delà, on applaudira pareillement aux affinités
que le charisme de « Monsé » suscite au sein du concert ami qui
l’accompagne, chacun(e) vibrant au diapason d’un chant qui se fait
confession ou incantation, et partout miroir des mouvements de l’âme.
"Beyond the domain of sacred music, there
exists also a sacred way of making music". This sentence is an
evident summary of this album which pays a fundamental tribute to
image of woman, perceived as a major mediator between wordly things
and the spiritual".
Figueras' interpretation has to be judged according to the warmth of
her emotion, of a vision stemming from ancient times.
Lux Feminae ! Comment traduire
au mieux l’expression? Femmes de lumière! Peut-être.
C’est en tout cas ce qui me vient
immédiatement à l’esprit. Féminité aux multiples visages mais tous
marqués de cette lumière qui illumine autant l’amante que la
mystique, ou la mère attentive.
Et qui peut, mieux que la voix de
Montserrat Figueras, révéler ces visages si différents? Oh, sans
doute pourra-t-on objecter qu’elle n’est pas la seule à transcender
le répertoire ancien d’une voix aussi rayonnante. Que d’autres
jeunes artistes s’installent avec talent à ses côtés. Mais, non,
écoutez cet enregistrement et vous comprendrez très vite que seule
Montserrat Figueras avait la stature pour rendre de la meilleure
façon cet hommage vibrant à la féminité.
Le répertoire est celui que la chanteuse
parcourt depuis des années et qu’elle a fortement marqué de sa
personnalité. Un répertoire qui, dans un environnement culturel
espagnol avec ses traditions chrétiennes, juives et musulmanes,
entre Moyen Age et Renaissance, chante la femme. Qui semble lui
appartenir en propre et qui, en même temps la représente pleinement
forte et douce à la fois! Un répertoire quelle a, aussi, approfondi
au fil des années et qui apparaît comme abouti. Une féminité
accomplie, épanouie.
Les sept portraits – sept, chiffre
mystique et sacré! – que Montserrat Figueras propose nous font
entrer à chaque fois dans un jardin aux délicates couleurs mais
construit, travaillé, modelé par une pensée forte qui lui donne un
incomparable éclat. Des poèmes mystiques de Sainte Thérèse aux
berceuses populaires, des chants d’amour de Béatriz de Die aux
plaintives saeta, l’exploration du cœur féminin, est un
enchantement. Portée par un ensemble instrumental où l’on retrouve
les compagnons et amis de toujours (Jordi Savall, bien évidemment,
mais aussi Pedro Estevan le percussionniste inspiré, Rolf Lislevand,
Andrew Lawrence King, Pierre Hamon...), accompagnée à l’occasion par
les voix d’Arianna Savall, Tina Aagaard, Begonia Olavide et Laurence
Bonnal, Montserrat Figueras rayonne ici véritablement
Quelle merveille de beauté de timbre! La
voix de Montserrat Figueras se déploie avec une chaleur et une
épaisseur incroyables, parfois soutenue par quatre autres
chanteuses, tandis que quelques notes de psaltérion ou de guitare
résonnent longuement dans la réverbération d’une vaste église. Tout
cela semble plus beau que réaliste, et peu naturel : les voix
paraissent souvent trop proches des micros. Qu’importe, tellement
c’est envoûtant! Plage 12 par exemple, la voix de Montserrat
Figueras seule, juste accompagnée par la viole de gambe de Jordi
Savall, s’élève, toujours sublime, mais avec davantage de pureté et
de simplicité.
30:2 (11/12 -
2006)
Appréciation
~~~~~
Evaluation "Buy
this and you will treasure it".
Analyste: J.
F. Weber
This collection of mostly unfamiliar music from 900 to 1600 forms an
homage to womanhood, femininity, sung by one of the most captivating
early-music singers on disc. The ensemble, though made up of
familiar personnel including her husband Jordi Savall, her daughter
Arianna, Pierre Hamon, and Andrew Lawrence-King, is not credited as
Hespèrion XXI. The program is framed by Flavit Auster,
a sequence in honor of the Blessed Virgin from Codex Las Huelgas
that begins and ends the program. Other women honored are the Sibyl
in an abridged rendition of the first Cant de la sibilla
that Figueras recorded, and Beatriz de Dia, the first trobairitz.
Sacred and profane music follow in succession, with a Cárceres
villancico about a wife inviting another man to come in followed by
a mystical poem of the Carmelite St. Teresa set as a contrafactum to
an unknown melody. A kind of philosophical cast is thrown over the
program by notes that divide the songs among seven aspects of
womanhood.
Figueras is a supreme
artist. The performances are uniformly first-rate, and the surround
sound is palpable. The packaging is exactly like two recent Orlando
Consort issues, a bound CD-size book of 172 pages, lavish with color
printing; texts with six sets of notes and translations; and all the
necessary documentation. The total product could not be done better.
Buy this and you will treasure it.
Autres références disponibles via la base de
données de Todd McComb/ Other available references via
Todd McComb's database:
(Site: http://www.medieval.org) Re:
Lux Feminae
Date de création de cette
fiche: 08/09/2011
Dernière
mise à jour de cette fiche:
2011-12-15
This page was first published on:
09/08/2011
This page
was updated on:
12/15/11
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